Mali: la campagne du second tour se fera au pas de course

Au Mali, la proclamation des résultats définitifs du premier tour par la Cour constitutionnelle permet le démarrage de la campagne du second tour. La date du scrutin est cependant déjà fixée, ce sera dimanche 11 août 2013. Ce qui veut dire que les deux candidats du second tour n’auront que très peu de temps pour convaincre d'autant que, pour beaucoup de Maliens, la journée de ce jeudi sera exclusivement dédiée à la fête. La proclamation tardive des résultats bouscule du coup les projets des équipes de campagne.



Prière devant la Grande mosquée de Bamako en ce jour de fête de l'Aïd, jeudi 8 août 2013. REUTERS/Joe Penney
Prière devant la Grande mosquée de Bamako en ce jour de fête de l'Aïd, jeudi 8 août 2013. REUTERS/Joe Penney
C’est une campagne électorale express qui va se dérouler au Mali d’ici au second tour. Deux journées, dont une au cours de laquelle les Maliens seront plus intéressés par la fête de l’Aïd que par la politique.
Dans le camp de Soumaïla Cissé, c’est un programme a minima qui a été prévu. « Nous n’envisageons pas de meeting pour l’instant, explique Ahmadou Koïta, l’un des porte-parole de Soumaïla Cissé. Nous effectuerons surtout des prises de parole sur les antennes, quelques caravanes vont circuler et il y aura des jeunes qui vont faire du porte-à-porte. »
Des ambitions revues à la baisse
Chez Ibrahim Boubacar Keïta, les ambitions ont également dû être revues à la baisse pour la campagne de ce second tour. « On avait prévu d’aller dans plusieurs régions, explique Mahamadou Camara, porte-parole d’IBK. Notre candidat devait être dans un endroit différent chaque jour avec un final à Bamako. Mais là, nos plans ont été bousculés ». Deux meetings sont toutefois programmés, l’un à Bamako, l’autre à Sikasso.
Quant au débat télévisé entre les deux candidats, l’entourage d’IBK pour l’instant n’en veut pas. « Nous préférons, disent les proches du candidat, le voir sur le terrain plutôt que de devoir travailler avec lui sur ce débat pendant le peu de temps que nous avons. »
 
L'ambiance dans la capitale malienne
avec notre correspondant à Bamako, David Baché
L’atmosphère est très calme, tranquille, ce jeudi et contraste singulièrement avec l’incroyable effervescence des préparatifs des derniers jours. Du calme donc, mais également de l’enthousiasme, de la bonne humeur. Les gens se sont rendus en famille à la mosquée et se préparent à célébrer l’Aïd al-Fitr, la fête célébrant la fin du ramadan, et à rendre visite aux proches, pour s’excuser des erreurs commises pendant l’année et apporter ses bénédictions, comme le veut la tradition.
Hormis le passage du président de transition, Dioncouda Traoré, qui est venu prier à la Grande mosquée lui aussi, pas de trace d'activité politique, pas de distribution de tracts, pas de mégaphones et aucun rassemblement n’est prévu ce jeudi. Les partis ont décidé de ne pas mettre la machine en marche pour ce premier jour de campagne. Le premier jour de cette très courte campagne puisqu’elle prendra fin demain soir.
Est-ce que ça signifie que ce deuxième tour n’intéresse personne au Mali ?
Non, car évidemment, ce rendez-vous électoral reste présent dans tous les esprits. Chez les fidèles qui sortaient de la mosquée et rencontrés par RFI, on peut distinguer deux types de comportements. Il y a ceux qui s’efforcent de se consacrer entièrement à cette fête religieuse qu’est l’Aïd al-Fitr. Ils ne veulent pas y mêler la politique et pour cela, il sera toujours temps de penser à la présidentielle demain. Et il y a ceux qui, au contraire, voient tout un symbole dans le fait que cette fin de ramadan tombe à un moment si crucial pour le pays, et pour qui c’est un signe, une chance.
Nombreux sont ceux qui nous ont expliqué avoir prié pour le pays, pour que la journée de vote, dimanche, se passe bien ; prié pour que le Mali ait un bon président et prié pour que tout les Maliens, à l’issue de ce processus électoral, vivent à nouveau dans la stabilité et dans l’entente. Des prières politiques donc, on peut le dire, mais qui ne vont pas dans le sens des jeux de partis, sinon dans le sens, vraiment, du vivre ensemble.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Jeudi 8 Août 2013 - 14:40



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