Mali: la situation dans le Nord au cœur du discours d'IBK

A l'occasion des deux ans de son investiture à la tête de l'Etat, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, a accordé vendredi 4 septembre, un entretien à la presse locale. Il est notamment revenu sur l’importance de l’accord d’Alger et sur les relations des mouvements armés pro-gouvernementaux avec l’Etat malien.



L’accord de paix d’Alger  ? C'est « une chance pour le Mali », affirme le Président IBK. Dans un costume strict, en face de deux journalistes maliens, il a réaffirmé que le dialogue était aux cœurs de ses préoccupations pour résoudre la crise dans le nord de son pays.

« Je l’ai dit et redit : l’accord de paix est incontournable. […] Donc je pense que l’accord est absolument une chance pour le Mali. Pour le Mali, pour le Sahel et tous nos voisins. Nous sommes tous concernés. Ce qui se passe chez ton voisin, tu as intérêt à en être solidaire et à examiner les moyens pour que vous puissiez éteindre ce feu ensemble », a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta.

Quelles sont les relations avec le Gatia, composés de groupes armés pro-gouvernementaux, qui occupent actuellement la localité stratégique d’Anéfis dans le nord ? « Dans une république, a-t-il martelé, il ne peut y avoir deux forces armées. Il n’y a que les forces armées du Mali, seules habilitées par la Constitution et les lois du pays, à prendre les armes pour la défense du Mali ».

Mais il également rappelé que, souvent dans des conflits, des groupes armés se constituent pour défendre leur communauté. « De façon historique, une communauté agressée dans un état de confusion et où le plus fort impose sa loi, cherche des moyens de se défendre. Je crois que c’est ce qui est arrivé. Mais en aucun cas sur une injonction gouvernementale », a souligné le président.

En clair, pour le chef de l’Etat malien comme pour d’autres, le Gatia n’est pas que l’allié de l’armée malienne, mais également un acteur de la crise, et il faut en tenir compte. Quid d’une éventuelle possible négociation avec des groupes islamistes ? Pas question, ce sont des terroristes et ils seront combattus comme tels.

Il a lancé des fleurs à la Mission de l’ONU au Mali, au moment où des Maliens lui jettent plutôt des flèches : « La Minusma n’est pas notre ennemi bien au contraire », a insisté IBK. Une phrase de son lexique « la démocratie ne veut pas de la chienlit ».

Sur le plan économique, avançant des chiffres, il a rappelé que le Mali se portait bien. Pour les trois prochaines années, la lutte contre la corruption se poursuivra au Mali. Et puis à l’occasion de l’an 2 de son arrivée à la tête de l’Etat, il a tenu à féliciter la jeunesse malienne. Créations d’emplois et constructions de logements restent des priorités.


Rfi

Samedi 5 Septembre 2015 - 08:56



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