Mali: nouveaux affrontements entre éleveurs et agriculteurs

Au Mali, de nouveaux affrontements intercommunautaires ont éclaté, ce samedi 28 août, entre éleveurs et agriculteurs dans la région de Mopti, dans le centre du pays. C'est une affaire de vol de bétail qui a mis le feu aux poudres. Cinq civils ont été tués et sept autres blessés.



Dans un communiqué officiel, le gouvernement malien parle de « tragiques événements qui ont causé la mort de cinq civils » mais il ne donne pas plus de détails.
 
Cependant, pour un élu de la région malienne de Mopti, située au centre du pays où les évènements se sont déroulés, il s’agit de nouveaux affrontements intercommunautaires liés à un vol de bétail.
 
Le président de l’association Tabital Pulaaku, la plus importante association de Peuls au Mali, le confirme : « Ce samedi, une milice armée à la recherche d’animaux volés tombe dans une embuscade dans un petit village du nom de Tekere Finadji. Echanges de tirs. Cinq personnes sont tuées et au moins sept autres blessées », a expliqué à RFI Abdoul Aziz Diallo.
 
La tension reste vive dans la localité d’autant plus que, d’après lui, les forces de sécurité ne se sont pas encore rendues sur place.
 
Ce qui rend plus meurtriers les affrontements intercommunautaires au centre du Mali « ce sont les armes qui circulent illégalement dans cette région », ajoute Abdoul Aziz Diallo qui accuse une milice qui aurait des soutiens connus.
 
Une absence de l'Etat qui pèse lourd
 
Le président de Tabital Pulaaku demande au gouvernement malien de « prendre ses responsabilités pour assurer la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue » du territoire national. L'absence de l'Etat malien dans un certain nombres de localité du centre explique en grande partie l'insécurité grandissante sur le terrain.
 
« Il n'y a pas de sous-préfet, il n'y a pas d'autorité de l'Etat, il n'y a pas d'autorité communale, les populations sont abandonnées, livrées à elles-mêmes, regrette l'un des porte-parole de l'association pour le développement du cercle de Tenenkou. Sans Etat, il est évident que la situation ne fait qu'empirer parce que les gens se sentent libres de faire ce qu'ils veulent. »
 
Au nom de son association, il lance un appel au gouvernement malien : « Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités et pense à ces populations-là, à les sécuriser, à faire venir des représentants de l'Etat. »
 
Une délégation officielle était en route pour le centre du pays.


Source: Rfi.fr


Lundi 29 Août 2016 - 08:20



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