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Mali: pourquoi Barkhane multiplie les arrestations autour de Kidal

La force antiterroriste française Barkhane est au cœur de deux affaires qui agitent le pays. Une équipe du CICR a été enlevée ce week-end dans la région de Kidal, près de la frontière algérienne. Les ravisseurs demandent la libération d'un prisonnier de Barkhane en échange des humanitaires toujours détenus. Par ailleurs, lundi 18 avril, une manifestation a dégénéré à Kidal, faisant deux morts parmi les manifestants. Une enquête est en cours, mais il faut rappeler que ce sont encore une fois les arrestations menées par la force Barkhane depuis une semaine qui avaient motivé cette manifestation.



Depuis que trois soldats français ont été tués par une bombe artisanale, la semaine dernière, la force française Barkhane procède à de nombreuses arrestations dans la région de Kidal. Barkhane ne donne aucun détail sur le nombre ni sur l'identité des personnes arrêtées, mais les ex-rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad), mouvement signataire de l'accord de paix qui rassemble plusieurs groupes armés, indiquent eux-mêmes que plusieurs de leurs combattants sont concernés : au sein du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad), créé en 2013 par des anciens d'Ansar Dine, le groupe terroriste qui a revendiqué la mort des trois Français.
 
« Nous opérons sur la base de renseignements recoupés », justifie le Lieutenant-colonel Sabatier, porte-parole de Barkhane, qui précise que les opérations en cours visent « ceux qui fabriquent, transportent et posent les engins explosifs ». « Lorsqu'on trouve des personnes sur une zone de fouille, poursuit le porte-parole de Barkhane, nous sommes obligés de lever le doute. Si le doute est levé, nous les relâchons. Sinon, nous les transférons aux forces maliennes. »
 
Un responsable du HCUA dénonce le fait que les motifs de ces arrestations ne sont pas partagés avec les groupes armés qui contrôlent Kidal. Selon la CMA, au moins une dizaine de personnes auraient été arrêtées depuis une semaine. « Trois ou quatre » n'auraient pas été libérées.
 
Concernant l'enlèvement de personnels du CICR et la demande des ravisseurs de voir l'un des prisonniers de Barkhane libéré, l'armée française explique qu'elle ne fera « pas de commentaire pour ne pas mettre de vie en danger. »



Source: Rfi.fr

Aminata Diouf(stagiaire)

Jeudi 21 Avril 2016 - 09:27



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