Marc Ravalomanana «mis en sécurité», «pas arrêté»

Marc Ravalomanana, l'ancien président malgache, est rentré au pays, ce lundi 13 octobre, après plus de cinq ans d'exil. Il a surgi, à la surprise générale, dans son quartier d'origine, en plein centre-ville. Il a eu le temps de rencontrer certains de ses partisans ainsi que la presse avant d'être arrêté. Selon ses partisans, Marc Ravalomanana a été placé en résidence surveillée, mais dans un discours prononcé lundi soir le président malgache Hery Rajaonarimampianina a affirmé qu'il n'a pas été «arrêté», mais «mis en sécurité».



Le président Hery Rajaonarimampianina a tenu à mettre les choses au clair : « Monsieur Marc Ravalomanana n’a pas été arrêté. Il n’a pas été emprisonné. Il est mis en sécurité contre les menaces de toutes sortes. En assurant néanmoins rester dans le registre de l’apaisement, nous ne cèderons pas face aux provocations de toute part », a-t-il déclaré.

Cela dit, cette « mise en sécurité » a été plutôt musclée. A la mi-journée, devant sa résidence, les militaires ont dispersé les partisans de Marc Ravalomanana avec des gaz lacrymogènes puis, ont fait sauter son portail au fusil d’assaut, calibre 12 avant de pénétrer, cagoulés, et de s’emparer de lui.

Les supporters de Marc Ravalomanana étaient passablement choqués que « l’on traite, comme cela, un ancien président », selon eux.

Hery Rajaonarimampianina déclarait, en fin de journée, que ce retour, certes romanesque, de l’ancien président était « un dérapage » et le discours d’arrivée de Marc Ravalomanana, « de la provocation ». En substance, Marc Ravalomanana a déclaré qu’il était « rentré sans passeport et tout seul » et qu’il ne reconnaissait pas réellement l’élection de Rajaonarimampianina à la tête de l’Etat malgache.

« Cela fait six ans que je ne suis pas revenu. Je suis très heureux ! Je suis vraiment arrivé. Ne me demandez pas comment ni où je suis arrivé. Je ne veux pas non plus que vous me demandiez avec qui je suis arrivé ; je suis arrivé tout seul. Personne n’est venu avec moi. J’étais au pouvoir et on m’a destitué. Je suis de retour à Madagascar, les Malgaches savent maintenant ce qu’ils doivent faire », a déclaré, à son arrivée, Marc Ravalomanana, après s’être rendu chez lui où il a rencontré plusieurs de ses partisans. Ce sont les premiers mots qu’il a prononcés peu de temps avant d’être emmené par la gendarmerie.

Malgré l’énervement des partisans de l’ancien président suite à sa « mise en sécurité », les rues sont restées calmes, ce lundi, dans la capitale malgache.

Lundi soir, plusieurs questions restent en suspens. Nous ne savons pas où se trouve Marc Ravalomanana ; nous ne savons pas non plus ce qui va se passer les jours qui viennent. La question a été posée au président de la République : que vont-ils faire de l’ancien président ? Sa condamnation par la justice, va-t-elle être appliquée - sachant que Marc Ravalomanana a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité – ou bien va-t-on vers une amnistie ou un nouveau procès ? Hery Rajaonarimampianina a répondu qu’il était trop tôt pour dire ce qu’ils allaient faire et que cela serait discuté dans le cadre de négociations.

Du côté des partisans de la mouvance Ravalomanana, rien n’a été décidé, pour le moment, si ce n’est qu’il y aura une réunion mardi matin, très tôt, au domicile de l’ancien président. Et l'on devrait en savoir un peu plus après la conférence de presse que doit tenir le fils de l'ancien président.


Rfi.fr

Mardi 14 Octobre 2014 - 10:51



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