Marseille: Anigo a pensé au suicide

L'ancien entraîneur de l'OM revient longuement sur le décès de son fils Adrien dans les colonnes de Paris-Match. Il évoque notamment comment il a envisagé de le suivre.



Marseille: Anigo a pensé au suicide
L'ancien entraîneur et directeur sportif de l'OM José Anigo revient très longuement, cette semaine dans l'hebdomadaire Paris Match, sur la disparition douloureuse de son fils Adrien. «Quand je me suis séparé de sa mère, Adrien a voulu vivre avec moi, j'en ai eu la garde (...) J'ai demandé de l'aide à ma mère. Elle habitait toujours à Consolat, où j'ai grandi, une zone sensible dans les quartiers Nord. Adrien a été scolarisé au collège Jules-Ferry, c'est là qu'il a rencontré les mauvaises personnes. Les cités sont des centres de formation pour la délinquance. Il a trouvé dans la rue ce qu'il n'avait pas à la maison. Je pense que sa mère lui manquait, je ne pouvais pas jouer les deux rôles.»

«Je regardais en bas, en pensant que c'était le bon endroit pour partir...»

L'actuel recruteur de l'OM pour le continent africain a voulu sauver son fils en l'emmenant vivre avec lui au Maroc : «A Marseille, il y a toujours quelqu'un du passé qui vous rattrape. Impossible de s'extirper des griffes du Milieu, sauf en fuyant. Adrien voulait le faire, emmener sa famille loin d'ici, nous suivre au Maroc. Et recommencer une autre vie. C'était prévu en 2014. Mais il nous a manqué six mois pour le sauver...» Un décès insupportable pour le technicien phocéen, qui a songé à mettre fin à ses jours : «Lors d'un déplacement à Naples avec l'OM, en octobre dernier, j'ai songé à rejoindre Adrien. Nous étions sur la terrasse d'un grand hôtel et je regardais en bas, en pensant que c'était le bon endroit pour partir. J'ai senti ma vie tenir à un fil. Puis j'ai réalisé que je ne pouvais pas abandonner ma famille.»
«À Marseille, tout me rappelle Adrien» Basé à Marrakech désormais, José Anigo confie ne plus pouvoir vivre à Marseille, malgré son amour pour la ville : «Je reviendrai pour y être enterré à côté de mon fils, car j'aime passionnément ma ville. Mais aujourd'hui je ne peux vivre avec elle. Tout me rappelle Adrien. Et puis à l'OM, les Marseillais, les supporters, les médias ne me supportent plus. A cause des mauvais résultats de l'équipe, des histoires.»

l'equipe.fr

Jeudi 24 Juillet 2014 - 14:03



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