Massacre 28-Septembre en Guinée: l’opposition dénonce la lenteur de la justice

En Guinée, deux jours après l'anniversaire du massacre 28 septembre 2009, date à laquelle une manifestation de l'opposition avait été réprimée dans le sang, une partie de la classe politique réagit. Les enquêtes sont en cours, mais quelques personnalités politiques, aujourd'hui aux responsabilités, sont liées de près ou de loin à ces évènements.



Ce 28 septembre 2009, des leaders politiques entrent au stade derrière Jean-Marie Doré, le Premier ministre de l'époque, pour dire « non » à la candidature à la présidentielle du chef de la junte militaire d'alors, Moussa Dadis Camara. Dans le stade, il y a aussi Cellou Dalein Diallo, le chef de file actuel de l'opposition. Blessé à cette occasion, il estime sept ans plus tard que la justice est trop lente.
 
« Pour prévenir le risque de voir des Guinéens tués par les forces de défense ou de sécurité, il fallait diligenter ce procès pour montrer qu’on ne peut pas impunément ôter la vie d’un Guinéen », considère-t-il. En 2015, l’opposant avait pourtant fait une alliance électorale avec Moussa Dadis Camara, mais il s'en défend aujourd’hui, parlant d'une alliance « avec le parti qu’il dirigeait », « pas avec la personne ».
 
Le capitaine Dadis a été inculpé en juillet 2015 et la procédure n'est pas terminée, rappelle Cheick Sako, le ministre de la Justice. La phase d'instruction est toujours ouverte et il reste des personnes à auditionner. Mais le ministre réaffirme l'engagement ferme de son gouvernement pour juger les responsables : « Le régime actuel a donné une accélération au processus », tient-il à préciser. Et de concéder :
 
« On est conscient au niveau gouvernemental qu’effectivement, il y a certaines personnes impliquées dans ce procès qui détiennent quelques postes. Il y a aussi l’impérium du chef de l’Etat. Ça, il faut aussi qu’on le respecte à l’étranger. Dès lors que le président fait confiance à un citoyen guinéen qui est présumé innocent, même impliqué dans une affaire, sur le plan juridique il n’y a rien à dire. Après, il y a l’aspect moral. »
 


Source: Rfi.fr

Dieynaba Faye (stagiaire)

Vendredi 30 Septembre 2016 - 09:52



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