Massacre de Gatumba: les survivants veulent la fin de l’impunité

La communauté des réfugiés congolais Banyamulenge a commémoré mercredi le 10e anniversaire du massacre de Gatumba, qui avait fait plus de 160 morts et une centaine de blessés, dans l’est du Burundi. Une cérémonie qui s’est tenue en l’absence des autorités, bien qu’elles aient été invitées. Les enquêtes sont au point mort.



L'enterrement d'un homme tué dans le massacre de Gatumba. Le 19 septembre 2011. Reuters/Jean Pierre Aime Harerimana
L'enterrement d'un homme tué dans le massacre de Gatumba. Le 19 septembre 2011. Reuters/Jean Pierre Aime Harerimana

Les réfugiés congolais Banyamulenge se sont retrouvés mercredi sur les lieux de leur martyr, à Gatumba. Dix ans, jour pour jour, après l’horrible massacre, les survivants se sentent aujourd’hui gagnés par le découragement. « Nous sommes abandonnés, même si nous continuons à demander justice », explique Me Moïse Nyarugabo, sénateur congolais issu de la communauté banyamulenge, l’un des avocats des survivants de Gatumba, qui se trouvait sur place, mercredi.

« Ces criminels se promènent toujours sans être inquiétés »

Effacé, donc, cet espoir né il y a un an, lorsque le procureur général du Burundi, Valentin Bagorikunda, avait annoncé l’ouverture d’un dossier judiciaire contre Agathon Rwasa, le leader historique des ex-rebelles burundais du Front national de libération (FNL) et le pasteur Habimana, porte-parole de l’époque du Palipehutu-FNL, qui avait revendiqué l’attaque de Gatumba avant de se rétracter. « Mais depuis, rien », selon Me Moïse Nyarugabo. « Aucune convocation, aucun interrogatoire, aucune arrestation. Ces criminels se promènent toujours sans être inquiétés », dénonce l’avocat congolais.


Massacre de Gatumba: les survivants veulent la fin de l’impunité

Au micro de RFI, mercredi, Olivier Mandévou, survivant du massacre et président de  l’association de rescapés de Gatumba, a pointé les interviews données par Agathon Rwasa, mais aussi « les rapports produits par la MONUC, l’ONUB et la Commission des droits de l’Homme au sein des Nations unies ». Autant de rapports qui « confirment le rôle primordial joué par les FNL d’Agathon Rwasa dans ces massacres ».

Signe d’embarras : aucun responsable judiciaire burundais n’a accepté de s’exprimer, mercredi. De son côté, Agathon Rwasa continue de dénoncer ce qu’il qualifie de « coup orchestré par le pouvoir burundais pour l’écarter des élections générales de 2015 ».

Source : Rfi.fr



Jeudi 14 Août 2014 - 10:46



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