Mauritanie: verdict attendu dans le procès de Biram ould Dah ould Abeïd

En Mauritanie, c'est ce jeudi que doit être rendu le verdict du procès contre le militant anti-esclavagiste Biram ould Dah ould Abeïd, et contre neuf autres militants, à Rosso. L'ex-candidat à la présidentielle de juin dernier est jugé depuis le 24 décembre dernier pour « appartenance à une organisation non reconnue », « rassemblement non autorisé », et « violence contre la force publique ». Coïncidence ou pas, en marge de ce procès circulent depuis le mois de décembre deux vidéos de propagande anti-Biram sur YouTube. Plusieurs associations dénoncent une manipulation.



Le dirigeant de l'IRA, Biram ould Dah ould Abeïd. www.rmibiladi.com
Le dirigeant de l'IRA, Biram ould Dah ould Abeïd. www.rmibiladi.com

La première vidéo dure quatre minutes et la seconde dix-sept. Mais, elles ne comportent aucune signature. Il s'agit d'images anonymes dans lesquelles sont repris des extraits des discours de Biram ould Dah ould Abeïd. Certains sont récents, d'autres remontent à plusieurs années, mais tous sont sous-titrés en français.

Les morceaux choisis montrent un Biram vindicatif et tenant des propos très durs à l'égard de la communauté arabe du pays. Dans une vidéo, on voit plusieurs fois des images de livres en flamme, pour rappeler que le militant avait brulé des ouvrages justifiant, selon lui, la pratique de l'esclavage. Dans l'autre série d'images, une voix off dénonce les propos « mensongers et racistes » de l'accusé.

Qui est à l'origine de ce montage ? Qui a intérêt à nuire à l'image du militant controversé arrivé en seconde position à la présidentielle de juin dernier ? C'est la question qui se pose aujourd'hui.

Les proches de Biram ould Dah ould Abeïd dénoncent dans un communiqué une propagande professionnelle des services de renseignements. Ils mettent en garde ceux qui alimentent « l'effroi d'un péril imminent » pour justifier « des mesures d'exception ». « Ceux qui ont fait ça, confie un des amis de l'accusé, ont bénéficié d'une documentation fouillée que nous-même nous n'avons pas. »

Outre les accusations d'appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, et violence contre la force publique, les autorités reprochent également à Biram ould Dah ould Abeïd d'avoir tenu des propos racistes lors d'une caravane de sensibilisation qui sillonnait le fleuve Sénégal. Le procureur de Nouakchott a requis cinq ans de prison ferme  « et des amendes financières contre tout le monde, en plus de la confiscation des biens de leur organisation ».


Rfi.fr

Jeudi 15 Janvier 2015 - 12:03



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