Me Doudou Ndoye déchire la loi organique sur la Cour suprême: «Tous les magistrats font le même travail»



S’agissant du débat sur la loi organique portant sur la Cour suprême, Me Doudou Ndoye ne veut pas entendre parler de réforme de la Justice. «Il n’y a pas de réforme de la Justice, il y a des modifications de la loi organique sur la Cour suprême», pose l’ancien ministre de la Justice. «Dans le Code pénal, le gouvernement ajoute telle peine, tel crime, tel délit. Une réforme du code pénal, c’est l’examen de l’ensemble du Code dont on peut garder certains articles, dont on peut modifier l’essentiel, dont on peut changer la philosophie. Il s’agit de modifications importantes du statut des magistrats, d’un corps de la Justice», insiste-t-il.
 
Sur «ce statut des magistrats, ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu, c’est que le gouvernement souhaite introduire dans le texte un article qui permet à certains magistrats de la Cour suprême de rester cinq (5) années pour une durée déterminée et applicable immédiatement à ceux qui sont en fonction», dit Me Doudou Ndoye.
 
Invité du 20 heures de la Tfm, la robe noire qui rappelle que l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) s’oppose à ce texte, d’indiquer que «l’ensemble des magistrats du Sénégal font le même travail, qu’il soit le Premier président de la Cour suprême comme le magistrat suppléant qui est débutant, ils font le même travail».
 
Autrement dit, plaide l’ancien ministre de la Justice: «Leur travail consiste à recevoir des dossiers, à les étudier, à juger et au Procureur à requérir, ils font tous le même travail».
De ce fait, ajoute-t-il : «Lorsqu’on modifie les conditions de travail notamment la durée du travail dans le corps de la magistrature, on doit le faire pour l’ensemble des magistrats. Sauf violation du principe d’égalité des fonctionnaires qui exercent le même métier, les mêmes travaux, qui jugent les mêmes personnes, les mêmes règles de droit du début jusqu’à la fin de leur carrière, c’est le statut unique qu’on doit mettre pour tout le monde».
 
Dans un autre registre, Me Doudou Ndoye est contre la réactivation de la peine de mort au Sénégal.

«En 2001, nous avons créé l’Union Pour la République (UPR). Nous avons été le premier parti politique au Sénégal avant même celui du président Abdoulaye Wade à demander l’abolition de la peine de mort. J’ai été ravi que le président Wade en 2004 ait demandé cette abolition. Je suis encore abolitionniste. Le monde a toujours vu, verra des crimes crapuleux et jamais dans aucun pays du monde l’application de la peine de mort va diminuer le nombre de crimes. Ce n’est pas une bonne façon de rendre justice, c’est une vengeance par le sang. Lorsqu’on demande à un être humain d’en tuer un autre, on lui demandera de remplacer Dieu», soutient-il.

Interpellé sur le meurtre de la 5ème vice-présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) retrouvée égorgée chez elle, l’ancien ministre de la Justice approuve «la perpétuité sans remise de peine pour toujours sans libération conditionnelle (qui) donnera (au meurtrier) peut être soixante (60) années de regrets, de pensées morbides, de pleurs et là, il aura eu le temps de savoir le mal qu’il a fait». 


Lundi 21 Novembre 2016 - 23:47



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