Me El Hadji Diouf et compagnie alourdissent les charges sur Mimi Touré et Déby

Le pool des avocats de l’ancien chef d’État Tchadien n’a pas fait dans la dentelle, hier lors de son face à face avec la presse. Les discussions portaient sur le refus de collaborer du Tchad, la question de la demande de remboursement formulé par DEBY et la citation directe servie à Mme Aminata Touré pour un délit de faux et usage de faux dans la mise en place des Chambres Africaine Extraordinaire.



Me El Hadji Diouf et compagnie alourdissent les charges sur Mimi Touré et Déby
Les conseils d'Hussien Habré, à la tête desquels se trouve Me El Hadji Diouf est déterminé à en découdre avec Aminata Touré. Ils accusent l’ancien ministre de la Justice de faux dans la mise en place des Chambres africaines extraordinaire.
Selon les avocats la citation directe servie à Mme Aminata Touré est avant tout la mise en œuvre du principe de responsabilité découlant de l’exercice d’un pouvoir par une autorité. « Mme Touré, alors ministre de la justice, a déclaré avoir reçu des pleins pouvoirs du ministre Alioune Badara CISSE (ABC). Nous avons après examen du document dit que c’est un faux. Après expertise, il est doublement faux » a déclaré la défense d'Habré.
Selon Me El Hadji Diouf et compagnie, Aminata Touré a agité toutes sortes d'arguments en désordre. De l’avis de la défense, elle a surtout privilégié une position de défense qui consiste à dire : « j'ai exécuté les instructions du Chef de l'État, autrement dit, ce n'est pas moi, c’est lui. ». Puis, elle a dit : « c'est le principe de continuité de l'État et donc poursuivez Sidiki Kaba. ».
 
Refus du Tchad de collaborer avec les CAE
Pour ce qui est de la position du Tchad, Me François Serres dénonce le fait qu’un État puisse dire non à la justice internationale. Selon les avocats, « ce refus de collaborer du Tchad est la sanction que le régime DEBY a infligée à ses partenaires dans l’affaire Habré. Et, par cette prise de position nette, il mettait le Sénégal face à ses propres contradictions dans cette affaire. On se rend compte que DEBY restait toujours Maître du jeu judiciaire et les tenait tous par la barbichette, tellement leurs rapports ont été faussés et pollués par les questions d’argent ».
Dans leur déclaration les avocats font état d’Idriss DEBY qui a formulé une demande de remboursement ici même à Dakar auprès du Comité de pilotage où le Tchad siège comme le plus important bailleur du procès. La demande du Tchad a été faite par son représentant au point focal des CAE à Ndjamena. Si on procède à un rapide rappel des faits.
On constate que des Juges se sont déplacés lors des commissions rogatoires en prenant ici au départ les frais d'hôtel, de restauration de même que leurs indemnités journalières. Une fois au Tchad, on constate que c'est le Tchad qui prend en charge l'ensemble des frais découlant de cette première commission rogatoire et ainsi de suite de la première à la quatrième commission. Comment pouvait-on comprendre une telle attitude des juges en mission d'instruction, faut-il le rappeler ?

Au-delà des questions financières, ce qui nous paraît important, c'est l'état d'esprit des juges des CAE, qui ont mis un homme en prison et qui, soi-disant se rendent au Tchad pour enquêter. Ainsi donc, délibérément, ils ont rendu impossibles un véritable travail d'instruction en aggravant leur dépendance financière vis-à-vis du régime tchadien. Aussi, on ne peut que douter de la valeur juridique de cette pseudo-instruction. Ces rapports totalement anormaux entre les autorités tchadiennes et les juges des CAE ne sont pas nouveaux, nous les avions pointés du doigt très tôt, rappelez-vous.
 


Mardi 11 Novembre 2014 - 10:00



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