"Me Jacqueline Moudeina menacée par la femme d’Hissène Habré, Clément Abaifouta agressé", (CIJEHH)



«Me Jacqueline Moudeina, avocate principale des victimes du régime de M. Hissène Habré et présidente de l’Association tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l’Homme (ATPDH), a aujourd’hui été menacée par la femme de M. Hissène Habré, Mme Fatimé Chahata Habré Bouteille, à la sortie de la salle d’audience du Palais de justice de Dakar où se déroule le procès de l’ancien président tchadien. « C’est toi qui les a ramenés, tu vas le payer » a déclaré en arabe l’ancienne première dame du Tchad en pointant du doigt Me Moudeina à propos de témoins qui venaient de déposer à la barre. « Etes-vous en train de me menacer ? » lui a demandé l’avocate. « Oui et alors ? » a insisté Mme Fatimé Habré »», communique le Comité international pour le procès équitable de Hissène Habré. CIJEHH indique par ailleurs que «M. Clément Abaifouta, président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH), s’est dès lors interposé pour tenter de stopper l’échauffourée. Il a immédiatement été pris à parti par un partisan de l’ancien président qui a tenté de le frapper puis l’a empoigné en lui déclarant : « de quoi te mêles-tu, toi ? Tu verras ! ». D’autres personnes sont finalement intervenues pour éviter que la situation empire. De nombreux individus présents ont été témoins de la scène. Déjà lors de l’ouverture du procès de son mari le 20 juillet 2015, Mme Fatimé Habré Bouteille avait menacé deux victimes en déclarant : « l’argent que vous avez bouffé, vous allez le payer cher, bande de chiens ». Me Jacqueline Moudeina et M. Clément Abaifouta ont annoncé qu’ils allaient porter plainte ».

 
Condamnant «fermement toute intimidation, menace, violence et agression », le Comité invite «les victimes et leurs représentants ont adopté une attitude digne en choisissant le chemin de la justice» et regrette «l’attitude belliqueuse de certains partisans de Habré qui ont adopté la voie de l’agression plutôt que celle de la vérité et de la justice ». «À plusieurs reprises, ils ont troublé l’audience et un neveu de l’ancien président a déjà été condamné à 5 mois de prison ferme après avoir récidivé. A l’intérieur et à l’extérieur du Palais de justice, la défense de l’ancien président se permet d’insulter et vilipender, parfois par voie de presse, les victimes, leurs avocats, les défenseurs des droits de l’Homme les accompagnants et les témoins. Le Comité condamne des pratiques qui ressemblent amèrement aux agissements violents de la dictature de M. Hissène Habré et demande aux autorités sénégalaises de tout mettre en place pour que le procès se déroule dans la sérénité », accuse le CIJEHH. 



Mardi 13 Octobre 2015 - 17:34



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