Me Sidiki Kaba: "Le procès de Hisséne Habré était une exigence de l’Union Africaine"

Le ministre de la Justice et garde des Sceaux est revenu longuement sur le procès de Hisséne Habré qui a été condamné hier à la prison à vie par les chambres africaines extraordinaires (CAE). Me Sidiki Kaba a retracé aujourd’hui au cours d’un point de presse, les péripéties de ce procès qui a duré dix mois et qui a abouti à la condamnation de l’ancien président Tchadien.



Me Sidiki Kaba: "Le procès de Hisséne Habré était une exigence de l’Union Africaine"
Le ministre de la Justice a tenu à répondre aux détracteurs des chambres africaines extraordinaire qui voient dans cette condamnation de Hisséne Habré une main de la France Afrique. De l’avis de Me Kaba « ce n’est pas une main invisible qui est derrière la condamnation de Habré, car dire cela, c’est insulter l’expertise de nos juridictions et de nos  juges ». Le Garde des Sceaux répondait ainsi à la femme de Habré, Fatima  Habré qui parle de forces obscures tapies dans l’ombre et qui en veulent à son mari  et qui ont orchestré sa condamnation.

Pour Me Kaba, «la condamnation de l’ancien président à la perpétuité a été prononcée par des juges africains et non étrangers par conséquent, il faudrait arrêter de parler de la condamnation de Habré comme une exigence des puissances étrangères». Sur ce point le Gardes des sceaux de rétorquer, « on ne saurait trouver les malheurs de l’Afrique ailleurs, car ceux qui dirigent aujourd’hui doivent savoir qu’il y a  le principe de la reddition des comptes à la fin et qu’ils peuvent être rattrapés à tout moment par la justice». 

C’est pourquoi, il pense qu’on ne peut pas tout mettre sur le dos de la France. En effet de l’avis de Me Kaba « cette posture est une facilité, car c’était un procès hautement symbolique, car c’est la  première fois qu’un procès se déroule en terre africaine. Sur ce point, il faut saluer le Sénégal qui a mis en place les mécanismes pour non seulement la tenue de ce procès mais aussi son bon déroulement.

Evoquant l’avenir des Chambres africaines extraordinaires (CAE), le ministre de la Justice soutient qu'elles avaient pour seule mission de juger Hisséne Habré, c’est d’ailleurs la raison de leur création. "Ainsi, après l’appel s’il y a appel évidemment, une fois que cette procédure sera vidée, elles disparaîtront car ayant terminé leur mission. Donc cette justice ne peut pas être muée en une juridiction africaine", précise-t-il.  

Interpellé par les journalistes  sur l’endroit  où l’ancien homme fort du Tchad va purger sa peine, Me  Kaba a répondu qu’il « va purger l’intégralité de sa peine à Dakar à la prison du Cap Manuel de Dakar  qui a été construit pour ça». 
 
 
 
 

Khadim FALL

Mardi 31 Mai 2016 - 21:19



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