Mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030

Le but de la conférence est de trouver des sources de financement afin de mettre fin à la pauvreté d'ici à 2030.



Mettre fin à la pauvreté d'ici à 2030, un grand défi
Mettre fin à la pauvreté d'ici à 2030, un grand défi

Plusieurs sujets ont été débattus : économie verte, aides publiques, flux financiers illicites, mais aussi la question des taxes, une manne financière sous exploitée, particulièrement en Afrique.

Le continent africain attire les multinationales et les capitaux du monde entier.

La Chine, l'Inde, la Turquie, mais aussi les entreprises occidentales n'hésitent plus à délocaliser en Afrique.

Une main d'œuvre souvent bon marché, mais aussi des régimes fiscaux très avantageux font le bonheur des investisseurs internationaux.

Or, dans beaucoup de cas, cette manne ne profite que peu ou pas aux Etats en développement.

«Les Etats ont besoin de collecter des taxes. Aujourd'hui, ni l'Afrique, ni les pays développés ne taxent les multinationales. Il y a plusieurs fronts. Il y a un premier front qui est la fraude fiscale. De l'argent africain caché dans des paradis fiscaux offrent du secret bancaire. Puis il y a un second volet qui est l'évasion fiscale. Il y a beaucoup d'argent en jeu, et c'est, naturellement, un des objectifs clés de cette conférence sur le financement du développement », explique Pascal Saint Amans, directeur du centre politique et d'administration fiscale de l'Organisation de coopération et de développement économique, l’OCDE.

Il faudrait donc taxer les investisseurs étrangers qui représentent une manne inexploitée.

On parle en effet d'une centaine de milliards de dollars sur l'ensemble des pays en voie de développement.

C'est pourquoi les Nations Unies, en partenariat avec l'OCDE ont décidé de lancer l'initiative « Contrôleurs des impôts sans frontières ».

Il souligne par ailleurs que ‘’lorsqu'un pays le demande, lorsqu'il fait le contrôle fiscal d'une multinationale, il ferait appel à l’inspecteur des impôts sans frontières, qui est géré par l'OCDE et les Nations Unies, de manière à ce que nous puissions trouver un inspecteur des impôts qui ira pendant deux ou trois mois travailler avec l'équipe locale, ce qui permet de transférer le savoir».

Seul hic, cette initiative risque de faire passer les pays de l'OCDE pour des donneurs de leçons, selon Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie.

‘’La meilleure décision serait de mettre en place un groupe des Nations Unies afin d'initier un effort global et de s'attaquer au problème de l'évasion fiscale. Les Nations Unies sont l'organisation internationale par excellence. C'est là que nous discutons tous ensemble. Le problème avec d'autres organisations comme l'OCDE, qui font malgré tout un très bon travail, c'est que ce sont des groupes de pays avancés. Et je pense que c'est une grosse erreur de ces pays, car ils ne reconnaissent pas que l'on vit dans un monde nouveau », explique M. Stiglitz.

Avec ou sans l'OCDE, pour parvenir aux objectifs de réduction de pauvreté fixés pour les 15 prochaines années, l'Afrique a besoin de 50 à 250 milliards de dollars supplémentaires par an.

Nul ne doute que la lutte contre l'évasion fiscale pourrait combler une partie de ce déficit.



Mardi 14 Juillet 2015 - 11:33



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