Mission de l'UA au Burundi: «le pays est à 98% paisible»

Les deux chambres du Parlement burundais se réunissent lundi 21 décembre en Congrès extraordinaire pour débattre de l'annonce par l'Union africaine (UA) du déploiement d'une mission de maintien de la paix au Burundi. Dimanche, le gouvernement s’était opposé à cette résolution, il a désormais jusqu’à demain pour donner sa réponse à l’Union africaine. Joint par RFI, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole adjoint de la présidence burundaise, estime que ce déploiement n'a pas de raison d'être.



Dans un tweet, le ministre burundais des affaires étrangères, a renouvelé sa pleine confiance aux forces de sécurité du Burundi. Le gouvernement rejette l'idée d'un déploiement sur son sol d'une mission de l'Union africaine forte de 5 000 hommes. Dimanche, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, le porte-parole adjoint du gouvernement a indiqué en son nom que ce serait « une force d'invasion et d'occupation » si l'UA passait outre le refus de Bujumbura. Les deux chambres du Parlement burundais se réunissent ce lundi 21 décembre en congrès extraordinaire pour débattre de la question.

Pour Jean-Claude Karerwa Ndenzako, le déploiement n'a pas lieu d'être : « Si vous posiez la même question à Jamal Benomar, le sous-secrétaire des Nations unies ou à une délégation du Parlement panafricain, qui ont visité le Burundi il y a quelques jours, tout le monde vous le dirait, le pays est à plus de 98% paisible. S’il y a eu une attaque terroriste au Burundi ces derniers jours, et que des terroristes ont massacré des gens, cela ne signifie pas qu’on doit déployer une force de protection. Il y a eu une attaque de terroristes à Paris, est-ce qu’on y a déployé une force de protection ? Il n’y a vraiment pas de risques de génocide ou de guerre civile au Burundi.

Ça, c’est l’opinion de personnes qui ne maîtrisent pas la situation sur le terrain. »
L’Ouganda veut relancer les négociations de paix pour le Burundi.
Un dialogue interburundais sous médiation ougandaise est censé reprendre le 28 décembre prochain à Kampala. Les autorités burundaises se disent prêtes à y participer. Jean-Claude Karerwa Ndenzako juge cependant que les « fauteurs de trouble », comme il les appelle, doivent en être exclus.

« Le gouvernement est prêt à se rendre en Ouganda pour discuter, dit-il. C’est d'ailleurs pour cette raison que nous avons récemment mis sur pied une commission nationale de dialogue inter burundais. Cette commission travaille en collaboration avec le médiateur désigné par le sommet des chefs d’Etat de la Communauté est-africaine. Ce dialogue va associer tous les protagonistes du conflit burundais à l’exception des terroristes, des putschistes ou de toute personne qui n’a pas une approche pacifique, paisible, parce que le problème dont souffre le Burundi aujourd’hui, ce sont des séquelles d’une crise qui n’a pas bien été étudiée. Aujourd’hui on veut associer tous les Burundais, de la base au sommet ».

Le Burundi est en crise depuis avril 2015, après l'annonce de la candidature suivie de la réélection contestée à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza.
source:rfi.fr

Dior Niang

Lundi 21 Décembre 2015 - 11:44



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