Monsieur le président Macky SALL, corrigez votre communication et celle de votre entourage… cessez la polémique et mettez-vous au travail !



Monsieur le président Macky SALL, corrigez votre communication et celle de votre entourage… cessez la polémique et mettez-vous au travail !
Monsieur le président, puisque vous semblez assujetti, depuis quelques temps, à la polémique contre vos détracteurs au point de vouloir réveiller, sans le nommer, l’épée de Damoclès que constitue l’article 80 (qui doit impérativement disparaître de notre texte constitutionnel parce que obsolète), nous commençons par « implorer » votre indulgence pour les mots qui vont suivre. C’est Shakespeare qui le disait ; il ne suffit pas de parler, il faut parler juste. Il n’a pas tout à fait tort. Nous voulons parler utile. Notre réflexion sera notre façon d’adhérer à la détermination de notre peuple à élever notre nation au niveau d’un développement conforme à des aspirations saines.

Le constat est amer ; une grande partie de nos générations déclinantes a tellement cherché hors d’elle-même les réponses à ses propres insuffisances au point de porter souvent préjudice à notre patrimoine commun : le Sénégal, notre cher pays qui aspire à un niveau d’équilibre appelé développement, c’est-à-dire un système dans lequel, les structures économiques, politiques, culturelles et sociales permettent de satisfaire les besoins fondamentaux des populations. C’est le véritable défi qui vous est posé ; comment parvenir à le relever? C’est là où vous attendent vos mandants. C’est là où vous attend votre vaillant peuple qui ne veut plus vivre entre ses souvenirs et ses rêves d’un avenir meilleur, toujours fugitif. Il a besoin que les leviers qui orientent la marche de son développement ne soient plus tributaires de la gestion purement familiale ou clanique, de la médiocrité, du copinage, de la concussion et de la corruption. Dans cette aspiration aux changements et à la transparence, la critique occupe une place prépondérante car c’est par elle que chacun peut participer librement et pleinement à l’émergence d’un lendemain meilleur… plus rassurant.

Stephen Biko nous a déjà avertis monsieur le président : « l’arme la plus efficace dont puisse disposer l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé ». Cet esprit, qu’on le manipule par des promesses vaines ou par des menaces à peine voiler, ne peut jamais tolérer indéfiniment les hypocrisies du manipulateur ou les menaces du tortionnaire. Vous avez hérité d’un pays dans lequel, pendant des années, l’absence d’un réel plan de redressement national a fini d’offrir à tous les secteurs de la vie économique, culturelle, politique et sociale un dénominateur commun : abimer. Certes, vous aviez assumé votre part de responsabilité dans cette gestion calamiteuse de votre prédécesseur, mais, aujourd’hui que vous êtes aux commandes, l’occasion vous est donnée de montrer à votre peuple que c’est à l’œuvre qu’on reconnait l’ouvrier. Alors, trêve de verbiage inutile !

Laissez le combat politique contre vos adversaires politiques aux membres de votre parti politique et mettez-vous au boulot au grand bénéfice de la patrie ! Le temps ne vous attend pas. Si vous ne faites pas attention, dans trois ans, vous serez encore là à toujours répondre à des piques et vous risquez à la longue de faire naître la panique dans vos propres rangs parce que vous ne ferez rien de convainquant. Faire des emprunts obligataires de quelques dizaines de milliards périodiquement et promettre au même moment deux cent à trois cent milliards de francs à chaque région ressemble plus ou moins aux TGV et Tramways de votre prédécesseur. Soyez plus sobre dans vos promesses et plus efficace dans vos réalisations. « Qui s’explique à tort et à travers se justifie et finit souvent par s’accuser ». Cela ne sert à rien car notre peuple a cessé de faire dans les applaudissements irréfléchis, les prises de position passionnelle, le suivisme dégradant. Il analyse froidement ce qu’on lui propose, l’accepte ou le rejette sans ambages ; il s’oppose sans réserve avec tous les moyens légaux à sa disposition à toute forme de confiscation des libertés individuelles et collectives consacrées par la constitution et au vote de lois liberticides et antirépublicaines. Nous osons croire que vous n’en êtes pas encore à ces excès. A force d’oublier que seul le peuple est souverain, votre prédécesseur en avait reçu le revers de la médaille. Donc attention !

Vos adversaires actuels, vous les connaissez mieux que quiconque pour avoir partager avec eux, pendant presque huit ans, les secrets de l’Etat, les soubresauts politico-judiciaires de l’époque… eux aussi vous connaissent très bien. Ils sont à la fois dans l’opposition et à l’intérieur de votre système. D’où la nécessité, dans ce débat sur l’enrichissement illicite qui est en train de dégénérer, d’éclairer, une bonne fois pour toute, la lanterne du peuple, même si ce n’est pas une obligation pour vous, sur l’origine licite de votre propre patrimoine et de demander à vos partenaires sur qui vous compter pour gouverner ce pays d’en faire autant. Nous vous le disons depuis votre prestation de serment. Autrement, ce n’est pas avec la polémique que vous allez réussir à astreindre vos « amis d’hier », sous le choc des audits, à se taire. Et les populations qui vivotent avec le courage d’un cascadeur finiront par en avoir marre de ce débat entre nouveaux et anciens tenants du pouvoir, avec le risque de vous mettre tous dans un même sac ; celui du mépris. La justice n’a pas besoin d’autant de tintamarre pour bien réussir sa mission. Laissons la travailler sereinement !

Monsieur le président, Bertrand de Jouvenel, dans son ouvrage intitulé Du pouvoir, histoire de sa croissance, démontrait « comment au cours des temps, le pouvoir change d’aspect mais jamais de nature et comment chaque soubresaut de la démocratie conduit, par une sorte de fatalité historique, à l’incessant renforcement légal du despotisme ». Et nous ajoutions dans l’un de nos romans, Horreur au palais, que tout pouvoir, incapable de résoudre les problèmes pour lesquels il a été élu, insouciant du respect de ses promesses faites au peuple, a souvent tendance à cacher « ses carences en usant de l’arme de la calomnie, de la polémique, de l’intimidation, de la violence verbale ou physique, de la corruption et de l’impunité ». Nous ne souhaitons point cela à notre démocratie, notre peuple mérite beaucoup plus de rigueur, de lucidité, de savoir-faire et de transparence dans la conduite de ses affaires publiques.

Dans ce même sillage, Horreur au palais avertissait sur ces chefs d’Etat qui font d’une frange importante des intellectuels de leur pays la grande gueule qui prolonge, à coups de mensonge savants, leur jeu de dupe vis-à-vis de leur peuple. Etre avec un camp présidentiel ne doit pas signifier chez l’intellectuel qui se respecte être un larbin qui sert de caution morale à ses dérives sinon il court le risque d’avoir les oreilles et les yeux bouchés par l’hypocrisie, l’égoïsme et le culte de la personnalité, avec comme seule préoccupation la satisfaction de sa panse et d’un plan de carrière douteux ; son épanouissement étant assujetti à sa capacité de subordination. Ceux là sont des adeptes du complot comme ascenseur pour accéder à leur ambition souvent insolite et égocentrique. Tout président de la république qui veut réussir sa mission doit éviter de tomber dans leurs pièges assaisonnés de « griotisme » débordant.

Nous ne voulons pas que Macky Sall en soit victime. Daniel Illemay renseignait qu’il y a ceux sur qui l’on peut compter et qui ont toujours fait fi des intrigues des prétentieux guides. Ces derniers existent dans notre pays. Le président gagnerait à les responsabiliser car ils n’ont pas peur, pour son intérêt et celui du Sénégal, de lui dire ce qui ne va pas… au moment opportun et tout en lui servant de force de propositions utiles à la nation. Ça bavarde trop dans ses rangs et ça traine les pieds dans la réalisation des promesses électorales ainsi que dans l’application du programme de gouvernance jadis proposé au peuple. Et ça agace plus d’un. Le discours va-t-en guerre, ça suffit car ça ne remplit pas le ventre des populations affamées.

« A partir d’aujourd’hui, je n’accepterai plus d’être attaqué impunément. Je ne permettrai plus à personne de porter atteinte à l’image du président de la République… . Ce n’est pas moi qui le dis ; c’est la Constitution de notre pays ».

Président, si ce propos vient de vous, il faut le retirer de la circulation au plus vite. Nous ne savons pas qui vous l’aurait suggéré et pour quelle fin mais il ne vous ressemble pas. L’autre avait commencé ainsi, il l’a regretté plus tard (suivez mon regard). Si vous travaillez bien, vous n’aurez pas besoin de vous défendre face à vos pourfendeurs, le peuple le fera à votre place.

Tafsir Ndické DIEYE

Auteur de polars et de poésie

Directeur administratif du Cabinet Thorinius Consulting

Membre du pôle programme de Macky 2012

Tafsir Ndické DIEYE

Lundi 24 Décembre 2012 - 20:52



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