Mort du milicien Morgan en RDC: à Bunia, des militaires s'expliquent

Le procureur militaire de la ville de Bunia a fait arrêter au moins un major des forces armées congolaises, les FARDC : Enock Kinzambi, le commandant de bataillon qui avait suivi de près la reddition de Morgan. Selon plusieurs sources, il nie toute implication dans la mort du chef de guerre maï-maï. Déjà mis aux arrêts par le général Fall Sikabwe, le chef des opérations militaires à Bunia, Kinzambi est actuellement détenu à l'auditorat militaire. Le haut commandement militaire dément toute implication dans le décès de Morgan et pointe du doigt la responsabilité de la Monusco, la force onusienne.



Si le major Kinzambi a été mis aux arrêts, c'est parce qu'il aurait menti au général Fall Sikabwe en affirmant que Morgan et ses hommes étaient désarmés.  Le patron de l'armée congolaise en Ituri l'aurait réalisé à Molokaï. Molokaï où Morgan aurait commencé à poser des conditions à sa reddition. Le chef de la milice Maï-Maï Simba aurait exigé d'obtenir le grade de général, d'avoir sa propre jeep pour aller jusqu'à Bunia, puis de pouvoir retourner en brousse.

Selon une source militaire, le général Fall Sikabwe aurait ordonné à ses hommes de se saisir de Morgan, même si des miliciens étaient armés tout autour. « Il l'a fait en son âme et conscience, explique encore cette source, même s'il savait que les armes allaient crépiter ». Interrogé sur l'absence de miliciens en armes et en nombre sur les vidéos transmises à RFI et France 24, cette source au commandement militaire de Bunia assure que ces vidéos ont été tronquées, manipulées.
 

Après l'incident, le général Fall Sikabwe aurait immédiatement contacté la Monusco pour qu'elle envoie des hélicoptères à Mambasa pour récupérer Morgan qui n'avait été blessé qu'aux jambes. N'ayant pas vu les hélicoptères, le général aurait décidé de l'emmener à l'hôpital. Mais devant l'hostilité de la foule qui menaçait de lyncher Morgan, il aurait préféré rejoindre la base de la Monusco à Komanda.

Deux infirmiers bangladais ont pris le blessé en charge, explique cette source, en disant qu'ils allaient lui donner des calmants et de l'insuline. « Nous étions confiants car ses blessures n'étaient pas mortelles », précise encore cette source militaire.


Rfi.fr

Jeudi 1 Mai 2014 - 14:50



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter