Moustapha Guirassy: "Le mot "crise" est aujourd’hui un terme “passe-partout”



Moustapha Guirassy: "Le mot "crise" est aujourd’hui un terme “passe-partout”
Q. vous avez sûrement célébré la Journée internationale de la liberté de la presse il y a quelques jours et cela fait deux ans que vous êtes ministre de la communication et porte parole du gouvernement, quelle appréciation faites vous du secteur de la presse ?

R. Après deux ans à la tête du département ministériel de la communication, je voudrais d’abord redire ici toute ma reconnaissance au Président de la République et au Premier Ministre qui m’ont fait confiance en me nommant à la tête de ce département. J’en profite également pour remercier les populations de Kédougou et féliciter tous mes collègues et surtout ceux qui sont rentrés au gouvernement en même temps que moi. Vous m’accordez l’interview à un moment approprié pour une lecture de la situation politique, de ce que nous avons fait et de nos ambitions avec le Président Wade pour l’avenir. Pour revenir à votre question, l’objectif de l’Assemblée générale des Nations Unies, en lançant la journée internationale de la liberté de la presse, en 1993, était de donner un plus grand écho à la déclaration fondatrice de Windhoek, le 03 mai 1991, portant sur la promotion d’une presse pluraliste, libre et indépendante, et d’en faire une réalité dans tous les pays du monde.

Des avancées sont notées ici et là, mais force est de reconnaitre que dans beaucoup de pays les valeurs prônées dans la capitale namibienne, à savoir pluralisme, liberté et indépendance, restent encore, un combat, une grande préoccupation des professionnels de l’information.

Au Sénégal, la liberté d’expression est un acquis constitutionnalisé et pratiqué. Le pluralisme médiatique est aussi une réalité. Des dizaines de journaux, de radios, de télévisions et de sites d’information en ligne privés exercent en toute indépendance.

Les efforts de l’Etat pour une presse libre, indépendante et forte demeurent constants, depuis plusieurs années, avec de nombreux actes posés. Je n’en veux pour preuve que :

L’aide à la presse qui est passé de 100 millions en 2000 à 500 millions aujourd’hui et bientôt ce montant va atteindre les 700 millions sur instructions du Président de la République, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, les cyberpresses implantées dans presque toutes les régions du Sénégal pour faciliter le travail des correspondants locaux, la Maison de la presse dont la fin des travaux est prévue avant la fin de l’année et, last but not least, le nouveau code de la presse consensuelle qui va consacrer la dépénalisation des délits de presse, contribuer, de façon considérable, au renforcement des entreprises de presse et à la valorisation du statut du journaliste.

Si nous pouvons nous réjouir de ce tableau reluisant, il faut toutefois dire que la réussite de la mission de la presse in fine dépend en grande partie de sa façon de traiter l’actualité. Et cela reste encore un grand défi pour les journalistes.

Q- Monsieur le ministre, à lire la presse écrite, à écouter les stations de radio et en consultant la presse virtuelle, on a souvent l’impression que nous vivons dans un Sénégal en pleine crise. Comment réagissez-vous à ce climat ambiant?

R- Je nuancerai en disant qu’il y a une certaine presse et une certaine classe politique qui entre dans ce jeu de donner l’impression qu’il y aurait une situation de crise. A côté de cette presse et de ces acteurs-là, on peut trouver d' autres qui, bien sûr, signalent des moments de tension, mais ne disent nullement que le Sénégal est au bord de l’implosion. Le mot « crise» est en réalité aujourd’hui un « buzzword», un mot passe-partout que l’on brandit pour renvoyer à tout conflit qui survient dans l’espace politique, social, culturel ou économique.

Selon moi, on ne devrait utiliser ce mot si lourdement chargé que pour renvoyer à une société qui a totalement perdu ses repères et qui est dans une situation d’anomie, dans une situation de désordre organisationnel économique, politique, social et culturel. Ce n’est nullement le cas dans le Sénégal dirigé par le Président Abdoulaye Wade. On pourrait aussi parler d’anomie pour renvoyer à une situation sociale, politique, culturelle, économique anesthésiée, où tout s’est tu, tout s’est immobilisé. Là encore, ce n’est le cas du Sénégal.

Q : Vous considérez que le Sénégal est aujourd’hui sur la bonne voie?


Oui, le Sénégal est en mouvement et dans le sens du mouvement qui assure son développement, sa progression. Dans le sens du mouvement qui ancre davantage la liberté d’expression et la diversité des opinions. Dans le sens du mouvement qui infléchit les handicaps d’hier et qui pose et articule aujourd’hui les piliers indispensables de son développement. Dans le sens du mouvement qui conscientise aux valeurs culturelles, à la mémoire et aux idéaux qui construisent des références communes et qui nous réveillent à la construction d’une Afrique qui a sa place, sa voix et sa voie dans le monde. Oui, le Sénégal avance, et ceci malgré les conditions économiques difficiles à travers le monde, difficultés qui ont même perturbé de grandes puissances économiques occidentales. Nous le devons à la pensée économique et politique, au leadership, à la compréhension et à la capacité d’anticipation sur les défis mondiaux du Chef de l’État, le professeur Abdoulaye Wade. Nous le devons à sa pensée où je puise une forte leçon : le défi d’un leader politique est d’être un homme de son temps et une lumière pour demain, un artisan de l’avenir.

Q- Parlons de présent et d’avenir. Donc surtout des jeunes. Le Président Wade bénéficie-t il toujours de l’estime et de l’attachement des jeunes?

R- le Président Senghor et le Président Wade ont été fortement inspirés par la prospective, cette science qui pense demain à partir d’aujourd’hui, cette science qui réfléchit sur la manière de concevoir aujourd’hui pour relever les défis de l’avenir. Cette attitude est une éthique de responsabilité qui prend en compte les attentes des générations futures. Si senghor a été un théoricien de la prospective, le Président Wade est autant théoricien qu’un acteur du réel, un artisan de la prospective. Avec le Président Wade, c’est la prospective mise à l’épreuve. C’est monsieur Macky Sall, alors directeur de campagne de maitre wade en 2007, qui avait, en pleine campagne électorale, le mieux décrit cette faculté managériale d’anticipation du Président wade lorsqu’il disait : «souvent le Président wade annonce des projets et ses adversaires se moquent en disant qu’il est dans l’utopie. Quelque temps après, avec ses réalisations, on découvre qu’il avait raison». Intellectuellement, idéologiquement, politiquement et surtout dans sa vision du développement, le Président Wade est le véritable allié des jeunes. Tout dans ses actions cherche à tracer la voie, tout cherche à construire un héritage pour les jeunes afin que ces derniers puissent avoir un avenir meilleur. Le Président Wade mentionne souvent que les socialistes ne lui ont rien laissé. Il indique ainsi que l’héritage était faible lorsqu’il a pris le pouvoir. En effet, le «starting block», le bloc de départ laissé par les socialistes ne possédait aucune puissance qui permette l’impulsion pour une course gagnante. Le directeur de campagne de maitre wade, le premier ministre Souleymane Ndènè Ndiaye disait tout récemment que l’opposition a tout faux lorsqu’elle veut susciter la nostalgie dans l’esprit des citoyens. Ceux qui ont vécu la période socialiste ne sont pas amnésiques et constatent bien qu’entre les réalisations du Président wade et celles de l’opposition, il n ya pas de comparaison. Toux ceux qui font la danse du scalp et écrivent la chronique de la mort annoncée du régime du Président wade prennent leurs désirs pour des réalités. Tenter de nier la forte connexion du Président Wade aux forces vives de la nation, surtout à la jeunesse, c’est une falsification et une réécriture de l’histoire.

Source: Nouvel Horizon


Dimanche 8 Mai 2011 - 18:11



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