Municipales en Afrique du Sud: l’ANC menacé de perdre des villes majeures

Après une journée de vote, l’Afrique du Sud attend désormais les résultats des élections municipales. L'ANC, le parti du président au pouvoir Jacob Zuma, pourrait pour la première fois se retrouver en difficulté dans certaines grandes villes du pays.



Pretoria, la capitale administrative, Johannesburg, le hub économique, et surtout Port-Elisabeth, la cité industrielle, pourraient basculer côté opposition. Il s’agirait d’une défaite symbolique pour l'ANC, au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994.

 
Car l'ANC est aujourd'hui en difficulté, principalement à cause des scandales de corruption et des mauvaises performances de l'économie sud-africaine. Selon les sondages, la mouvance du président Jacob Zuma est concurrencée par le parti EFF et surtout par l'Alliance démocratique, la deuxième force politique du pays, qui gouverne déjà Le Cap, la capitale parlementaire.
 
Il y a cependant peu de chances que ces deux formations politiques remportent la majorité absolue séparément. Mais ils pourraient envisager de cogérer quelques municipalités.
 
Pour l'heure, les bureaux de vote sont fermés. La journée semble s'être passée globalement dans le calme. Avant le scrutin, les autorités avaient annoncé avoir renforcé le dispositif militaire et policier.
 
Vingt-six millions d'électeurs étaient appelés aux urnes ce mercredi pour renouveler le mandat des maires et des conseillers municipaux. Un record. Le pays attend désormais les premières estimations, les résultats dans les grandes villes devraient être connus jeudi.
 
Déclarations des leaders politiques
 
Le président Jacob Zuma s'est lui-même rendu aux urnes dans son village de Nkandla. Il s'est dit très satisfait du déroulement des élections.
 
« Nous commençons à comprendre ce que voter veut dire, a lancé le président. La campagne elle-même nous a montré la maturité des citoyens, mais aussi la maturité des partis politiques eux-mêmes. Je suis très satisfait que notre pays montre clairement comment la démocratie peut être un bon système, pour que les citoyens participent à la marche de leur pays. »
 
Dans la province du Limpopo, Julius Malema, le leader du parti EFF est allé voter accompagné de sa femme et de sa grand-mère. « Le parti EFF va obtenir de très bons résultats, a-t-il estimé. N'oubliez pas que ce sont les premières élections municipales auxquelles participe le parti EFF. Donc même si nous n'obtenions qu'un seul siège, ce serait déjà une progression ! De zéro à un, ce serait déjà une réussite. »
 
L'opposition veut croire aujourd'hui que le changement l'emportera. Mmusi Maimane de l'Alliance Démocratique se montre confiant. « La démocratie signifie que vous pouvez choisir votre gouvernement. Vous pouvez en élire un, et vous pouvez en faire tomber un autre. Nous croyons que le futur des sud-africains est de choisir un parti qui leur donnera du travail, supprimera la corruption, et leur offrira de meilleurs services publics. »
 
« La force de la démocratie sud-africaine »
 
Le taux de participation élevé pour ces élections est « signe de la force de la démocratie sud-africaine » selon les autorités. L'occasion pour certaines personnalités du pays de se souvenir du long chemin parcouru.
 
Le prix Nobel de la paix et ancien archevêque du Cap Desmond Tutu a rappelé l'importance du droit de vote, 22 ans après la fin de l'apartheid. « Cela reste un rêve pour moi, de savoir que l'on peut voter, en Afrique du Sud, en étant noir, a-t-il déclaré. C'est fantastique ! »
 
A Soweto, l'ex femme de Nelson Mandela, Winnie Madizikela Mandela s'est, elle, souvenue du sang versé pour en arriver là. « Bien sûr, à chaque fois que je mets cette croix sur un bulletin de vote, je pense à tous ceux qui nous ont quitté, tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour la lutte. »


Source: Rfi.fr


Jeudi 4 Août 2016 - 07:46



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