Municipales en Afrique du Sud: une série de revers pour l'ANC

Jamais en Afrique du Sud depuis 1994 et l'arrivée au pouvoir du parti après la fin de l'apartheid, l'ANC n’avait atteint un score aussi bas. Certes, il reste le premier parti sur l'ensemble du pays avec 54% des voix, mais plusieurs défaites majeures risquent de laisser des marques. C'est le cas dans la ville industrielle de Port Elizabeth, bastion historique de l'ANC et désormais aux mains des libéraux de l'Alliance démocratique. C'est le cas également à Pretoria, où l'ANC perd sa majorité absolue. Toute la journée, les résultats ont continué à être publiés.



Pour la première fois de son histoire, l’ANC chute sous la barre des 50% dans plusieurs villes du pays, inaugurant une période de bouleversement et sans doute de tensions en Afrique du Sud.
 
Le Congrès national africain sauve tout de même la face en gardant la main sur la capitale économique Johannesburg, où le parti obtient 44,5% des suffrages, 5 points devant l’opposition. C’est une victoire, mais elle ne suffira pas à faire oublier les deux défaites majeures encaissées ces derniers jours par le parti au pouvoir.
 
Défaites à Pretoria et Port Elizabeth
 
A commencer par la défaite cuisante enregistrée par l'ANC à Pretoria. L’Alliance démocratique (DA) obtient la majorité de 43% dans la capitale sud-africaine. Vendredi 5 août, la DA avait déjà arraché une victoire de taille dans la ville de Port Elizabeth, bastion historique de l’ANC.
 
Le président de la commission électorale s’est en tout cas félicité du bon déroulement du scrutin. « Ces élections municipales 2016 sont sans aucun doute les plus éprouvantes que nous ayons vécu depuis l’aube de notre démocratie, il y a 22 ans, a-t-il déclaré. Si nous en sommes là, c’est parce que les partis politiques respectent la loi, le processus électoral et la volonté du peuple de notre pays. »
 
Victoire pour l'Alliance démocratique
 
Dans tous les cas, ce scrutin est une victoire pour l'Alliance démocratique de Mmusi Maimane, qui salue « un tournant historique » pour le parti d'opposition. « Pendant beaucoup trop longtemps, l’ANC a gouverné l’Afrique du Sud sans rendre aucun compte, sans aucune considération pour le peuple de ce pays, a-t-il condamné. Cette élection parle aussi de cela. De l’histoire de ceux qui n’ont pas d’emploi du fait que la corruption est devenue endémique au sein du gouvernement de l’ANC. Et je suis inspiré par l’espoir du peuple sud-africain qui a pris ses responsabilités et a dit : "Nous allons voter car nous voulons un autre futur". »
 
Les résultats de ces élections s’annoncent très serrés. Du coup, la DA comme l’ANC ont besoin de nouer des alliances pour obtenir une majorité absolue de 50% et pouvoir gouverner dans de bonnes conditions. Désormais, les discussions vont bon train pour tenter de former des coalitions et éviter une situation de blocage dans certaines municipalités. Dans cette nouvelle donne, les Combattants pour la liberté économique (EFF), menés par Julius Malema, auront un rôle central.

Source: Rfi.fr


Dimanche 7 Août 2016 - 07:18



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter