Naufrage en Méditerranée: "Beaucoup de victimes ne seront jamais retrouvées"

Plus de 24 heures après le naufrage d'un chalutier avec à son bord quelque 700 migrants, les chances de retrouver des survivants s'amenuisent. Il s'agit, selon le Haut commissariat aux réfugiés, de la "pire hécatombe jamais vue en Méditerranée".



Combien de migrants étaient à bord du chalutier qui a chaviré ce week-end en Méditerranée ? 650, comme l'affirme le Premier ministre Maltais? Au moins 700 selon les estimations du Haut commissariat aux nations pour les réfugiés (HCR)? Voire 950, dont une cinquantaine d'enfants et quelque 200 femmes, comme le soutient un des vingt-huit rescapés de ce drame? Impossible de le savoir précisément, mais ce naufrage semble bien être la "pire hécatombe jamais vue en Méditerranée ". 
 
"Les recherches continuent, mais, malheureusement, aucun survivant n'a été retrouvé", a déclaré la porte-parole en Italie du HCR, Carlotta Sami, interrogée sur la télévision Rainews24. 18 navires - la marine italienne, les garde-côtes italiens, l'armée maltaise et des bateaux privés - sillonnent actuellement la zone. "Nous allons recouper les témoignages et tâcher de savoir exactement combien ils étaient à bord", a-t-elle ajouté. Mais, "ce qui est sûr, c'est qu'il y aura des centaines de victimes et que beaucoup ne seront jamais retrouvées.

Seuls 24 corps repêchés

Pour l'heure, seuls 24 corps ont été repêchés mais à mesure que les heures passent les chances de retrouver des survivants s'amenuisent. D'autant qu'une partie des migrants pourraient avoir été enfermés dans les cales du navire sans possibilité pour eux de s'échapper, affirme le parquet de Catane en Italie, en s'appuyant sur les dires d'un des rares survivants, originaire du Bangladesh. 
Selon les premiers éléments de l'enquête, le chalutier a lancé un signal d'alerte dans la nuit de samedi à dimanche. Les garde-côtes italiens ont immédiatement demandé à un cargo portugais de se dérouter. A son arrivée sur les lieux - à environ 130 km des côtes libyennes et à 220 km de l'île italienne de Lampedusa - l'équipage a vu le navire chavirer. C'est probablement quand les centaines de migrants se sont précipités du même côté en voyant le cargo que le drame s'est produit, ont indiqué les garde-côtes italiens.  
Si on ignore précisément les nationalités des victimes, la majorité d'entre eux sont originaires d'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, en particulier de Syrie. 
Sans tenir compte de cette nouvelle tragédie, plus de 900 migrants ont perdu la vie depuis le début de l'année en effectuant la traversée entre la Libye et l'Italie, contre moins de 50 sur la même période l'année dernière, ont indiqué cette semaine les organisations humanitaires. Ce nouveau drame fait suite à deux naufrages la semaine dernière, dont l'un a fait 400 disparus, et l'autre plus de 40.


Lundi 20 Avril 2015 - 11:56



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