Ne faudrait-il pas dissoudre le groupe parlementaire des « Libéraux et Démocrates » à l’Assemblée Nationale ? (Par Adama SADIO ADO)



Ne faudrait-il pas dissoudre le groupe parlementaire des « Libéraux et Démocrates » à l’Assemblée Nationale ? (Par Adama SADIO ADO)
Au regard du rôle jusque-là joué par ledit groupe parlementaire dans le Parlement sénégalais, il est légitime de se poser la question de savoir quelle est la valeur ajoutée du groupe parlementaire des « Libéraux et Démocrates » au landernau politique et au jeu institutionnel du pays ? La réponse à cette question est qu’il a peu d’intérêt pour ne pas dire point d’utilité. Au-delà de sa dimension de cosmétique démocratique (un groupe parlementaire de l’opposition participe à la vitalité de la démocratie dans un Etat) et ses rares actions telles que la motion de censure contre le gouvernement de Abdoul Mbaye et les avantages qu’il procure à certains de ses membres, l’AN sénégalaise pourrait bien s’en passer.


Nous devons à la vérité historique et au verdict des faits de dire que le groupe des « Libéraux et Démocrates » de cette douzième législature de l’Assemblée Nationale sénégalaise est le moins combatif, le plus aphone et le plus inefficace de l’histoire parlementaire du PDS. Ce triste constat résulte du mauvais casting de ce parti pour la liste nationale à la députation,  de la passivité de certains de ses membres (on peut citer nommément Iba Der Thiam et Ousmane Ngom), mais surtout de l’absence de leadership éclairé de son Président Modou Diagne Fada.


En sa qualité de personne morale du groupe, il devrait être la locomotive qui tire le groupe de par ses initiatives et les débats démocratiques qu’il agite au sein de l’hémicycle. Abdou Khafor Touré, membre de la Fédération nationale des cadres libéraux et non moins membre du groupe des « Réformateurs » parle de l’inutilité de leur groupe parlementaire aussi bien pour leur parti que pour le pays (émission Face to face avec Aïssatou Diop Fall sur la TFM).
L’histoire du Parlement sénégalais révèle que le PDS a toujours su être le capitaine de bord ou l’un des pilotes du débat parlementaire au Sénégal.


Les duels Me Ousmane Ngom (PDS)-Abdourahim Agne (PS) dans les années 90 et Babacar Gaye (PDS)-Khalifa Ababacar Sall (PS) dans la dixième législature en disent long. La défaillance du groupe parlementaire des « Libéraux et Démocrates » dans son rôle d’opposition parlementaire fait que le leadership électoral du PDS (vu les résultats des législatives de 2012 et locales de 2014) ne se traduit pas par un leadership à l’hémicycle. Ce leadership parlementaire que le PDS devait incarner l’est aujourd’hui par le parti REWMI, à travers surtout l’Honorable député Thierno Bocoum, et s’il vous plait sans groupe parlementaire !


Cette incarnation du leadership parlementaire pourrait amener le parti de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck à symboliser à la longue dans le subconscient collectif des Sénégalais le leadership de l’opposition sénégalaise au grand dam du parti de l’ancien Président Me Abdoulaye Wade. Ainsi autant on peut discuter du nombre des ministres et ministres conseillers improductifs du président Macky Sall (en augmentation croissante), autant on peut également discuter de l’utilité d’un groupe parlementaire budgétivore et dont l’utilité pour le parti qu’il est censé représenter et pour le pays est très relative. 
 

Adama SADIO ADO
Chercheur en Science politique et en Sociologie
Rouen-France 


Mardi 14 Juillet 2015 - 13:27



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