Niasse contre Cissé, Tanor en embuscade: Le perchoir divise Bennoo

La présidence de la nouvelle Assemblée nationale serait-elle en train d’imploser Bennoo Bokk Yakaar de l’intérieur? A moins de deux semaines de la mise en place de la douzième législature (20 juillet), force est de reconnaître que les ambitions suscitées par le perchoir et les tiraillements opposant les prétendants (Moustapha Niasse de l’Afp, Moustapha Cissé Lô de l’Apr, et éventuellement Ousmane Tanor Dieng du Ps (en embuscade)), écorchent la dynamique unitaire de la coalition ayant porté Macky au pouvoir… S’ils ne prennent tout simplement pas en otage le leader de l’Alliance pour la République. Pour cause, la liberté de manœuvre du Président semble restreinte puisque son parti (Apr) ne dispose, au sein de la nouvelle Assemblée nationale, que de 65 députés sur les 119 sièges gagnés par Bennoo Bokk Yakaar.



Niasse contre Cissé, Tanor en embuscade: Le perchoir divise Bennoo
L’unité de Bennoo Bokk Yakaar va-t-elle survivre à la bataille du perchoir qui a généré un affrontement quasi frontal entre Moustapha Cissé Lô de l’Apr et Moustapha Niasse, ancien Premier ministre du Sénégal en 2000 et secrétaire général de l’Afp ? Voilà la question qui turlupine bien des analystes de la scène politique au lendemain de la deuxième alternance au Sénégal. Et pour cause, la succession de Mamadou Seck à la tête de l’Assemblée nationale continue, plus de trois mois après l’accession de Macky Sall au pouvoir, de susciter tiraillements et querelles d’ambitions au sein de Bennoo Bokk Yakaar. Alors que Moustapha Niasse aurait été pressenti pour siéger au perchoir, selon certaines indiscrétions, des appétits ont émergé du côté du parti de Macky Sall pour ce siège d’importance majeure dans l’architecture institutionnelle de l’Etat. Moustapha Cissé Lô, leader de l’Apr à Touba et ancien député « expulsé » par le groupe libéral de l’Assemblée dans la foulée de la démission de Macky à l’hémicycle (2008), ne cache pas, depuis la victoire de la coalition Macky 2012 à la présidentielle, son ambition pour le perchoir. Cette candidature ouvertement déclarée avait créé, tant soit peu, la dissonance au sein de l’Apr. Seydou Guèye, le secrétaire général de la Primature et porte-parole de l’Apr, ainsi qu’Abou Abel Thiam, le porte-parole du Président de la République, reprochaient à Cissé Lô la forme utilisée et demandaient que de telles postulations soient débattues en interne, au sein du parti tandis que les femmes de la coalition Macky 2012 apportaient un soutien sans failles au responsable de l’Apr à Touba. Du côté de l’Alliance des forces de progrès (Afp), la candidature de Cissé Lô à briguer le perchoir avait été froidement accueillie par les partisans de Moustapha Niasse. Le ministre des Sports Malick Gackou, et non moins n°2 de l’Afp avait été au centre de la riposte contre Cissé Lô.

A moins de deux semaines de la mise en place de la douzième législature (20 juillet), l’accalmie semble loin d’être constatée dans cette bataille du perchoir qui menace l’unité de Bennoo Bokk Yakaar et qui ne cesse de capter l’attention des acteurs politiques. Dernière en date : la réaction de Ndèye Fatou Touré du mouvement Tekki, et non moins membre de la coalition ayant élu Macky Sall. Pour la députée, une concertation entre Niasse et Cissé Lô est « une nécessité pour éviter la crise au sein de l’hémicycle. » Invitée d’une radio de la place au cours du week-end, la députée du mouvement Tekki a fait ainsi état de l’urgence pour les deux protagonistes de s’assoir autour d’une table. « S’il y a des différences, des discussions ou des contestations au sein de Bennoo Bokk Yakaar, il y aura problème…Il faut un consensus à l’intérieur de Bennoo Bokk Yakaar».

Alors que la victoire aux législatives de la coalition Bennoo Bokk Yakaar (119 sièges de députés sur les 150 à pourvoir) attend ainsi d’être confirmée par le Conseil constitutionnel, Macky Sall se retrouve au centre d’un choix cornélien.
MACKY ENTRE MILLE… FEUX

Entre l’option d’installer son parti au perchoir, conformément à l’orthodoxie (dans l’histoire politique du Sénégal, tous les présidents de l’Assemblée nationale ont été du parti politique au pouvoir), de récompenser le leader de Bennoo Siggil Senegaal (Moustapha Niasse) qui lui a affecté ses 13,2% acquis au premier tour de la présidentielle, Macky Sall semble bénéficier d’une marge de manœuvre très restreinte. Son parti, l’Apr, ne dispose que de 65 députés sur les 119 sièges décrochés par Bennoo Bokk Yakaar au niveau de la chambre basse du Parlement. Un chiffre qui est loin de donner la majorité à l’Alliance pour la république au sein de la coalition et qui force nécessairement Macky à transiger pour garantir, de manière durable, sa majorité de 76 députés requise et faire adopter les lois et budgets devant faciliter l’exécution de sa politique de développement dit Yonnu Yokkuté.

Quid d’Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste, fort de 17 à 18 députés dans la nouvelle Assemblée et à qui on prêterait d’avoir, dans l’ombre, pour point de mire le perchoir visé par Moustapha Niasse ! En tout cas, il semble que bien des responsables socialistes sont en train d’activer discrètement certains rouages pour mettre du « sable dans le couscous » de Niasse et donner à leur secrétaire général dont le leadership est écorché en interne, une place de choix dans la direction des institutions républicaines.

De là à dire que Macky est presque un otage de ses alliés de Bennoo Bokk Yakaar, il n’y a qu’un pas que des observateurs n’hésitent pas à franchir. En tout cas, l’on suppute que le Chef de l’Etat est obligé de donner des strapontins royaux à ses alliés du second tour de la présidentielle et des législatives pour s’aménager un espace organisé de gouvernement. Parmi ces sièges qui suscitent mille et un appétits, on cite le Sénat (chambre haute du Parlement et deuxième institution de l’Etat), le Conseil économique et social et… l’Assemblée nationale. Une institution dont le perchoir recouvre des avantages royaux : proximité avec le Chef de l’Etat, noblesse de la fonction, stature de troisième personnalité de l’Etat, gestion de plus de 15 milliards FCfa de comptes pour l’exercice 2012, salaire mensuel de 08 millions de FCfa, 40 millions FCfa par mois de fonds politiques…
Moctar DIENG (Sud quotidien)


Lundi 9 Juillet 2012 - 10:00




1.Posté par almame le 09/07/2012 10:56 (depuis mobile)
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