Niger: 92 migrants secourus dans le désert

Au Niger, près d'une centaine de personnes viennent d’échapper à la mort. Elles ont été secourues en plein désert par une patrouille militaire, près d’un puits non loin de la ville-garnison de Dirkou. Elles cherchaient à se rendre en Libye avant de tenter la traversée vers l’Europe.



Le drame collectif a été évité de justesse. Un mort est à déplorer sur l'ensemble des personnes secourues. Elle est décédée au centre d’accueil.

Ces 92 migrants, qui avaient été abandonnés par leurs passeurs, ont été recueillis par des patrouilles des forces armées nigériennes en plein Ténéré, non loin de la falaise d'Achegour, à 180 kilomètres à l’ouest de la ville-garnison de Dirkou. Nous sommes dans le nord du pays, dans la région d'Agadez. C'est une voie migratoire extrêmement dangereuse : pas de routes, mais des dunes avec une température qui monte en journée jusqu’à 50 degrés.

Les migrants, en majorité des femmes et des enfants, sont des ressortissants ouest-africains du Ghana, du Nigeria et du Sénégal, selon le chef de l’antenne de la Croix-Rouge nigérienne à Dirkou. Ils avaient été laissés à leur sort sans eau, ni nourriture. Ils ont finalement été placés entre les mains de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), section de Dirkou.

« Les passeurs commencent à négocier encore une fois avec les migrants. Ils leur disent que s’ils n’ont pas d’argent, ils ne peuvent pas continuer. Donc ils sont dans une situation très vulnérable. Personne ne peut dire "non je ne peux pas payer maintenant", parce qu’ils sont au milieu du désert. Et s’ils n’ont pas d’argent ou parfois pour éviter les contrôles, les migrants sont abandonnés et restent là où ils sont. Dans ce cas, ils ont eu la chance d’être à côté d’un puits », explique Giuseppe Loprete, chef de mission de l’OIM à Niamey.

Les migrants seront acheminés sur Agadez au centre de transit des migrants dans un convoi spécial. L’OIM les transportera enfin à Niamey, puis dans leur pays respectif, après les formalités administratives.

300 000 personnes ont traversé le nord du Niger

Cette histoire n'est évidemment pas la première. Le 2 juin, 44 migrants abandonnés par leurs passeurs ont été retrouvés morts dans le désert. Depuis quelques mois, les forces de défense et de sécurité interceptent des convois de migrants en partance pour la Libye. Très souvent, les passeurs empruntent diverses voies, dit-on, afin d’éviter d’être interceptés.

« Beaucoup de fois, ils sont loin des points d’eau. Et malheureusement ils ne sont pas sur la route principale. Un ou deux jours, dans des conditions sans eau, sans nourriture, 45 à 50° dans le désert, ça suffit malheureusement pour perdre la vie », poursuit Giuseppe Loprete.

Une loi votée en 2015 réprime l’immigration irrégulière au Niger. Plusieurs personnes travaillant dans l’industrie de la migration clandestine ont été arrêtées à Agadez. Des dizaines de véhicules de passeurs ont également été immobilisés. L’année dernière plus de 300 000 personnes ont traversé le nord du Niger, selon l’OIM.

Avec Rfi.fr


Mercredi 14 Juin 2017 - 10:42



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