Niger: Hama Amadou n'a finalement pas été transféré à l'hôpital de Niamey

Alors que Hama Amadou est détenu depuis le mois de novembre dans le cadre d'une enquête sur un trafic présumé de bébés, celui-ci devait quitter sa prison pour être hospitalisé à Niamey, la capitale. Finalement, cette évacuation sanitaire n'a pas eu lieu. Les proches du candidat dénoncent un manque d’explications.



La situation est rocambolesque. Le candidat âgé de 66 ans devait être évacué à l’hôpital de Niamey pour des soins le vendredi 11 mars. Les préoccupations de santé d’Hama Amadou ne sont « pas un secret », selon son porte-parole. Finalement, l’opposant est resté à la prison de Filingué, à 180 km au nord de la capitale.
 
En cause : des problèmes techniques sont évoqués le soir même par le ministre de la Justice qui a signé l’ordre de transfert de Hama Amadou. Il devait initialement être transporté en hélicoptère en compagnie de son médecin personnel, mais une panne aurait empêché son décollage.
 
Mais la situation reste confuse. Côté gouvernement, on a assuré que le candidat à la présidentielle ne voulait plus faire le trajet. « Quand les pilotes sont revenus pour le transférer à l’hôpital de Niamey, il a estimé ne pas vouloir monter dans cet hélicoptère. Et c’est ainsi qu’évidemment plus tard, on apprend que Hama n’avait que mal aux yeux. Donc on était vraiment perturbés », a assuré le porte-parole du gouvernement et ministre de la Justice.
 
« Evacuation par voie terrestre »
 
Marou Amadou a poursuivi : « Nous, on aurait souhaité que ce soir, il soit à l’hôpital national. On ne souhaite pas pour notre propre responsabilité le transférer dans la nuit. Demain très tôt, des médecins à la prison civile de Filingué vont s’enquérir de son état. S’il y a lieu de le transférer par voie terrestre, ce sera fait. »
 
Côté opposition, on dénonce une volonté politique : « Une demande de liberté provisoire tendant à permettre à monsieur Hama Amadou d’aller consulter ses médecins avait été faite malheureusement bien avant le scrutin et les tenants du pouvoir, dont l’animateur en chef n’est autre que le candidat Issoufou, qui n’a pas daigné regarder même cette demande », a commenté Mamane Sani.
 
Le politique a alerté : « Nous avons dit aussi au niveau de la Copa [Coalition pour l'alternance politique au Niger] que nous tenons le pouvoir de Mahamadou Issoufou pour responsable de tout ce qui adviendra en matière de santé physique et morale de notre candidat qui est le candidat de la Copa».

Rfi.fr

Samedi 12 Mars 2016 - 10:05



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