Niger : l’opposition estime avoir gagné

Le président nigérien n’a pas pu se faire réélire au premier tour comme il le souhaitait.



Mahamadou Issoufou est crédité de près de 48,41 % des suffrages, selon des résultats publiés vendredi 26 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le chef de l’Etat sortant affrontera au second tour son principal adversaire, Hama Amadou qui a recueilli 17,41 % des voix.

Mahamadou Issoufou a fait savoir qu’il acceptait ces résultats.

"Les résultats provisoires que j’ai obtenu face à 14 adversaires sont impressionnants et sans précèdent ", a-t-il déclaré.

Le président sortant a aussi remercié tous ceux qui ont voté pour lui ainsi que les partis alliés au sien.

Mais l’opposition estime avoir remporté la victoire.

"… Issouffou a 48 % avec ses 44 alliés. Et ces 48 % en réalité, c’est de la fraude ", a déclaré Mossi Boubacar.

De plus, l’opposant a affirmé être sûr qu’Hama Amadou sortira bientôt de prison.

L’ancien président de l’assemblée nigérienne, suspecté d'être impliqué dans un trafic de bébés, est en détention préventive depuis novembre 2015.

Il n'a pas pu sortir de prison ou s'adresser publiquement à ses partisans comme le prévoit la loi électorale.

Le second tour de la présidentielle au Niger aura lieu le 20 mars.

Source: BBC Afrique 



Samedi 27 Février 2016 - 11:15




1.Posté par mahamane le 27/02/2016 22:19
ELECTIONS : COUP DE CHAPEAU AU NIGER
Si Issoufou, le Président sortant, n’a pas obtenu son ‘’Coup KO’’ comme il l’avait annoncé, il met groggy ses adversaires dans la légalité et la transparence absolue.
Nous sommes habitués à vivre des élections trafiquées dans une grande partie de l’Afrique, depuis des décennies, la surprise arrive à point à qui sait observer.
Il est de notoriété publique que les équipes des Présidents en place, ont la fâcheuse habitude de trafiquer les listes électorales dès le début du premier mandat, et de préparer pendant les années qui le précédents le résultat, favorable à coup sur, du mandat suivant.
Les Ministres de l’intérieur chargés du dossier des élections, sont dans la majorité des cas, les plus proches amis du Président.
Plusieurs méthodes s’appliquent en fonction de la force de l’opposition et de la faculté des observateurs internationaux à fermer les yeux plus ou moins fort , suivant leur humeur ou la qualité de l’accueil et des cadeaux qu’on leur a réservé dans le pays à observer, ou tout simplement des consignes reçues avant de partir par ceux qui leur permettent d’arrondir leurs fins de mois .
Du découpage administratif à l’attribution ciblée des cartes d’électeurs en passant par le bourrage, voire par le doublement des urnes, le résultat peut parfois changer de plusieurs dizaines de pour cents et atteindre, dans les pays les plus folkloriques, des résultats proches de 100%.
La période des élections est très souvent une période faste pour tous ceux qui touchent d’assez près le comptage et la gestion des résultats car le pouvoir en place est plus que jamais disposé à venir en aide à ces acteurs occasionnels, moyennant une promesse ou une enveloppe ponctuelle.
(Dans un des pays phare de l’Afrique, ou tout est informatisé, la magouille était tellement bien orchestrée que les résultats affichaient 112 %. On a vite rectifié et ramené à 83% pour donner le change)
On est parfois surpris de compter plus de suffrages que d’électeurs, mais cette tradition a certainement été prise en exemple sur le vieux continent dans lequel , il y a un demi siècle les résultats truqués étaient assez courants et on arrivait parfois à faire voter certains électeurs dans trois communes en même temps ,ou bien à faire s’exprimer les morts…
La création de Commissions Electorales Indépendantes dans certains pays d’Afrique, n’a d’indépendant que le nom et il n’est pas surprenant que les membres soient choisis pour leur facilité à pencher du coté du plus fort, quand on ne trouve pas un lien de parenté avec le président ou un membre de son premier cercle.



La surprise est donc venue du Niger, ou la CENI qui s’est dans un premier temps ridiculisée par sa cadence insupportable à distiller les résultats à la vitesse de la tortue, a montré son indépendance et sa maitrise en donnant, certes, au compte goute des résultats partiels, mais justes.
La deuxième surprise, et elle est de taille, prouve la véritable transparence et l’absence de tripatouillages du candidat -président Issoufou.
Comment peut-on imaginer un seul instant que pour quelques milliers de voix, il ait pu prendre le risque d’aller au second tour ?
Si, comme ses adversaires le laissaient supposer, il avait usé de son pouvoir et de ses relations pour influer sur les résultats, pourquoi ne pas se faire élire par 51% et prendre le risque de se mettre en difficultés.
Ce seul constat laisse penser que le Niger n’est pas un pays ou les élections se passent comme ailleurs. Les Nigériens ont une avance considérable sur les autres pays dans lesquels les résultats officiels sont décidés dans le bureau du Président en exercice.
Laisser à l’ancien Président de l’Assemblée Nationale Hama Amadou la possibilité de se présenter, même si il l’a fait depuis la prison ou il est incarcéré pour une affaire de droit commun, révèle, là aussi, la non ingérence du pouvoir en place dans les affaires de justice. On peut citer plus de trente opposants de poids qui n’ont pas eu cette chance lors des élections récentes dans les pays de la sous région, qui croupissent en prison et n’ont pas eu la chance de pouvoir mesurer leur véritable poids politique à travers les urnes.
Malgré l’image de martyr que les membres de son parti lui ont fait endosser et qui lui a fait gagner quelques pour cents des nigériens attendris, il n’atteint pas la barre des 20% et doit assumer aujourd’hui la dure réalité.
Dans d’autres pays, l’invalidation des candidatures, tient parfois à un certificat médical ou à une cause futile pour écarter les gêneurs qui ne représenteront à l’issue du scrutin que quelques pour cents, mais auront dénaturé la compétition entre les véritables leaders.
Au Niger tous les candidats ont pu entrer en compétition.

Rien n’est toujours parfait, mais dans un pays dans lequel le contexte sécuritaire, les grandes distances, les moyens de communications, la mosaïque ethnique pourraient favoriser le désordre, on assiste à un match arbitré dans la transparence et l’équité.
Chapeau, les Nigériens !


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