Niger: la population de Diffa vit dans la peur de nouvelles attaques

A Diffa, la thèse de l'acte kamikaze est sérieusement évoquée pour l'explosion qui a eu lieu dans le secteur de la douane, lundi après-midi. Le bilan provisoire est lourd, au moins cinq morts et 16 blessés dont cinq graves. Diffa vit depuis samedi des heures graves faisant fuir de nombreux habitants



Un des principaux accès à la ville de Diffa, photographié en octobre 2006. AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI
Un des principaux accès à la ville de Diffa, photographié en octobre 2006. AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI
En arrivant de Bosso à Diffa samedi, Aboubacar pensait s'éloigner du pire. Il avait passé toute la journée de vendredi tapi dans sa chambre la peur au ventre. C'est pourtant dans une ville de Diffa prise de panique qu'il est entré avec des forces de l'ordre sur les dents, des rumeurs d'assaillants dans la ville. 

Puis, c’est le drame : l’attaque de la prison civile, des échanges nourris de tirs entre militaires nigériens et assaillants, une première explosion dans un marché dimanche matin, une deuxième lundi en début d'après-midi sur le terre-plein de la douane.

Selon des témoins et des sources hospitalières, il s'agirait d'une action kamikaze : une femme voilée se serait fait exploser parmi la foule des camionneurs et des petits commerçants. Aboubacar n'attend plus qu'une chose: partir.

Psychose et rumeurs

« C’est vraiment la terreur qui continue parce qu’il y a une fille qui s’est fait exploser et maintenant vraiment j’ai un sentiment de terreur. Je ne sais vraiment pas quoi faire, se désole Aboubacar. Je me sens en danger. Nous avons l’impression qu’il y a des personnes infiltrées partout dans la ville. Ils sont là cachés et ils sont en train de créer vraiment des problèmes. »

Malgré la forte présence militaire en ville, Diffa vit au ralenti. Les habitants qui n'ont pas pris la fuite restent terrés chez eux. « On peut dire que la ville est morte. La psychose est là, les gens ont tellement peur. Nous n’avons pas assez d’informations », explique cet homme.

Mouvements de fuites

Ce manque d'informations précises entraîne une multiplication des rumeurs notamment sur la présence et le rassemblement de combattants de Boko Haram de l'autre côté de la frontière. « Les gens ont peur parce que cela fait plus de trois jours que l’on entend que les gens de Boko Haram, plus de 700 à la frontière, attendent pour attaquer. »

Nombre de chefs de famille qui ont décidé de rester pour le moment en ville ont décidé par contre de faire partir leurs familles. Selon un témoin, les bus mais également les véhicules comme les motos quittaient ce lundi Diffa surchargés. En fin d'après-midi, les forces de sécurité nigériennes ont neutralisé dans le centre de Diffa deux hommes portant sur eux des explosifs. Sur place, les autorités et les habitants de Diffa vivent dans la crainte de nouvelles actions kamikazes.


Rfi.fr

Mardi 10 Février 2015 - 10:39



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