Niger: le MNSD s'explique après son départ pour la majorité présidentielle

Le Mouvement nigérien pour la société du développement (MNSD) a quitté l'opposition nigérienne pour rejoindre la majorité présidentielle. Mardi, son président Seïni Oumarou a diffusé un long communiqué pour justifier cette décision. Il explique en substance que vu le danger sécuritaire, l'instabilité, il faut décrisper davantage le climat social et éviter au pays tout risque de turbulence politique. Alors qu'un remaniement ministériel est attendu, l'arrivée du MNSD dans le camp présidentiel redistribue les cartes.



En perte de vitesse, le Mouvement nigérien pour la société du développement (MNSD) devrait reprendre des couleurs dans le futur gouvernement. « Il aura l'espace qui correspond à son poids politique », estime Hassoumi Massaoudou. Le secrétaire général adjoint du parti au pouvoir Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) estime que désormais, la majorité voit sa base élargie.
 
Maintenant, le nouveau venu va-t-il concurrencer les partis présents au gouvernement ? « Il n'y a pas de compétition. Toute la majorité approuve cette union », explique Hassoumi Massaoudou qui reconnaît que le PNDS n'avait mathématiquement pas besoin de cette alliance.
 
Côte opposition, la défection du MNSD est un coup dur malgré ses déceptions électorales. « Ils luttent pour leur survie. Mais ils vont déchanter », commente Bonkano Maïfada. Membre du bureau politique du Moden Fa Lumana, première force de l'opposition, il juge son camp affaibli, mais fidèle à ses idées. Le leader du Moden, Hama Amadou, est lui toujours en France. « C'est compliqué quand le chef de guerre n'est pas là. Mais il a de bons soldats », estime Bonkano Maïfada qui attend beaucoup du tout nouveau front de l'opposition créé fin août.
 
Enfin, au sein du MNSD lui-même, pas de crise en vue même si quelques dents grincent. Issoufou Tambura fut un des rares à voter contre l'alliance. « C'est juste une stratégie pour obtenir des postes. C'est vrai, on a moins d'élus. Mais les élections sont truquées », estime-t-il. Selon lui, la base désapprouve ce choix. « On ne peut pas dénoncer les gens du pouvoir et un beau matin dire qu'ils sont des anges », conclut-il.

RFI

Jeudi 13 Octobre 2016 - 07:40



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