Niger: le poisson fumé, source d'importants revenus pour Boko Haram

Dans le sud-est du Niger, le transport du poisson fumé est temporairement interdit dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Le gouvernorat de Diffa a adopté la mesure mercredi dernier. Selon les autorités administratives et militaires, les insurgés tirent d’importants revenus de la chaîne du poisson qui est revendu sur les marchés dans le nord du Nigeria. Près de 200 camions qui étaient immobilisés à la frontière depuis plusieurs jours ont finalement été autorisés à titre exceptionnel à entrer au Nigeria mardi, mais les autorités ont prévenu que c’était la dernière fois.



Les insurgés islamistes confisquent aux pêcheurs du lac Tchad leurs cargaisons de carpes et de silures fumés.
Les insurgés islamistes confisquent aux pêcheurs du lac Tchad leurs cargaisons de carpes et de silures fumés.

Les insurgés islamistes confisquent aux pêcheurs du lac Tchad  leurs cargaisons de carpes et de silures une fois que les poissons d’eau douce ont été séchés et fumés, a indiqué à RFI une source sécuritaire à Diffa.

Ces poissons, pêchés dans des zones du lac Tchad contrôlés par Boko Haram, sont ensuite revendus selon cette source à des commerçants véreux qui les écoulent sur les marchés du nord du Nigeria pour ensuite reverser des dividendes, des vivres ou du carburant aux insurgés côté Nigeria, le long de la rivière Komadougou Yobé.

« Autoriser le transport du poisson fumé revient à financer Boko Haram », abonde une source au gouvernorat de Diffa qui a donc décidé d’une mesure d’interdiction mercredi dernier. Une mesure prise grâce aux pouvoirs conférés par l’Etat d’urgence dans la région de Diffa. Il court jusqu’à ce mercredi et a toutes les chances d’être reconduit.

« Cette interdiction, reconnaît la même source, entraînera sans doute des pertes de revenus pour des foyers du sud-est du Niger, mais c’est le prix à payer pour assécher Boko Haram ».

 
 
 

Rfi.fr

Mercredi 25 Février 2015 - 09:51



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