Niger: les pays contributeurs de la Minusma tirent la sonnette d'alarme

Les pays contributeurs de troupes de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) étaient réunis ce mercredi 5 novembre à Niamey, au Niger. La force onusienne est de plus en plus exposée aux attaques jihadistes et la situation est devenue telle que les pays africains contributeurs de troupes tirent la sonnette d'alarme : « pas question de laisser nos soldats finir en chair à canon », avertissent-ils.



Les soldats de la Minusma sur les Champs-Elysées à l'occasion du défilé du 14-Juillet. RFI/Pierre René-Worms
Les soldats de la Minusma sur les Champs-Elysées à l'occasion du défilé du 14-Juillet. RFI/Pierre René-Worms

Toute la matinée, les participants ont tenté d’identifier les forces et les faiblesses du dispositif sécuritaire actuel dans le nord du Mali. Les débats – qui se sont tenus à huis clos – ont permis, entre autres, de redorer le blason de la Minusma et la rendre apte à prendre en charge les nouveaux défis sécuritaires, notamment la guerre asymétrique que lui imposent les terroristes.

Depuis le début des interventions de la Minusma au Mali, 33 casques bleus ont été tués, un chiffre « très élevé », selon le représentant spécial adjoint à la Minusma Arnaud Akodjènou, qui rappelle qu'« il ne faut pas oublier non plus les morts du côté des opérations françaises, Serval et Barkhane, ainsi que du côté des populations ».

De nombreux dysfonctionnements ont également été relevés. Selon le chef de la diplomatie nigérienne, Mohamed Bazoum, la Minusma ne dispose toujours pas d’effectifs souhaités (8 000 éléments sur 12 000 prévus) et elle n’a pas non plus de force de réaction rapide, tant souhaitée par le Mali. La Minusma – qui manque également d’engins blindés, d’hélicoptères et de drones – est devenue, selon Mohamed Bazoum, une force cantonnée dans ses camps à la merci des attaques terroristes .

« Il est vrai que le mandat actuel de la Minusma est considéré comme robuste. Mais son application reste insuffisante, et de nombreux dysfonctionnements ont été relevés. La Minusma est devenue, au fil du temps, une force cantonnée », explique le ministre des Affaires étrangères, qui relève également que « les soldats de la Minusma, dont les conditions de vie sont précaires, ne sont plus toujours très motivés ».

Avec le retour en force du terrorisme dans le nord du Mali, comme l’attestent les accrochages violents de ces derniers jours, la Minusma et surtout les forces maliennes « doivent mouiller leurs chemises, car les terroristes jouissent d’une grande mobilité sur l’ensemble du Nord Mali », a déclaré un diplomate occidental.

Pour faire face à ces défis, le Mali a présenté deux options aux experts présents à Niamey : celle d’un renforcement de la Minusma actuelle, et celle de la mise en place d’une force d’intervention rapide.


Rfi.fr

Jeudi 6 Novembre 2014 - 10:19



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