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Nigeria: Amnesty accuse l'armée de «crimes contre l’humanité»

Amnesty International alerte sur la situation dans le nord-est du Nigeria où 1 500 personnes ont été tuées depuis début 2014 dont plus de la moitié était des civils, selon l'ONG. Les insurgés islamistes de Boko Haram et l'armée nigériane ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.



Des soldats nigérians dans les rues de Baga, dans l'Etat de Borno, en avril 2013. Selon Amnesty international, les troupes nigériannes sont responsables de crimes de guerre dans les opérations menées contre Boko Haram.
Des soldats nigérians dans les rues de Baga, dans l'Etat de Borno, en avril 2013. Selon Amnesty international, les troupes nigériannes sont responsables de crimes de guerre dans les opérations menées contre Boko Haram.

« Les forces de sécurité nigériane violent les droits de l’homme dans leurs représailles contre Boko Haram », explique Amnesty International dans un rapport rendu public ce lundi 31 mars. Sleon l'ONG, « la situation est en train de dégénérer en conflit armé où tous les camps portent atteinte au droit international », ajoute l’ONG. Amnesty exhorte l’ONU et la Commission africaine des droits de l’homme à réagir et ouvrir des enquêtes indépendantes sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés dans le nord-est du Nigéria. L’ONG dénombre 1 500 homicides depuis janvier dernier. Et cette escalade de la violence touche, en premier lieu, les populations civiles qui représentent plus de la moitié des personnes tuées.

Le tournant du 14 mars

Selon le rapport, l’opération de représailles du 14 mars  dans l’Etat de Borno a marqué un véritable tournant. Boko Haram a lancé une offensive sur la caserne de Maiduguri, libérant plusieurs centaines de détenus dont une partie n’était pas membre du groupe terroriste, selon Amnesty. Dans ses manœuvres de représailles, l’armée s’est rendue responsable de centaines d’exécutions extrajudiciaires. La plupart des victimes étaient de simples prisonniers, non armés et affaiblis par leur détention.

Le rapport cite plusieurs villageois, témoins directs de scènes d’une rare violence : l’un d’entre eux raconte qu’après quelques échanges téléphoniques, les soldats ont commencé à faire feu sur 190 personnes allongées au sol. Des exécutions sommaires pour lesquelles le Nigeria devra se justifier auprès de la communauté internationale, estime Amnesty. 

Source : Rfi.fr
 



Mardi 1 Avril 2014 - 10:29



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