Nigeria : Buhari renforce la sécurité dans les camps de déplacés après une attaque meurtrière

Le président nigérian Muhammadu Buhari a ordonné vendredi le renforcement de la sécurité dans les camps de déplacés, après qu'une bombe eut tué sept personnes réfugiées dans un tel camp pour échapper au groupe islamiste Boko Haram.



Nigeria : Buhari renforce la sécurité dans les camps de déplacés après une attaque meurtrière

Une bombe artisanale cachée dans une tente a explosé peu avant 11H00 (10H00 GMT) au camp de déplacés de Malkohi près de Yola, capitale de l’État d’Adamawa (nord-est), a expliqué l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA).

« Sept personnes ont perdu la vie pour l’instant, et 20 personnes ont été blessées dans l’explosion », a détaillé un porte-parole de la NEMA, Sani Datti, dans un communiqué.

« Parmi les blessés, sept ont été pris en charge et sont sortis » du centre médical fédéral de Yola, « tandis que 13 personnes, dont des membres de la NEMA, sont encore en train de recevoir des soins », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, des habitants de Madagali, toujours dans l’Etat d’Adamawa, ont indiqué à l’AFP qu’une kamikaze s’était fait exploser à un poste de contrôle, tuant au moins deux personnes. Cette attaque n’avait pas encore été confirmée vendredi soir par les autorités.

« Aucun répit à ces criminels désespérés et diaboliques »

Dans un communiqué, le président nigérian a dénoncé vendredi une attaque « haineuse et lâche » et ordonné une sécurité accrue dans tous les camps de déplacés.

« Nous ne devons laisser aucun répit à ces criminels désespérés et diaboliques », a-t-il ajouté, évoquant « la nécessité urgente pour tous d’apporter la plus grande vigilance aux questions de sécurité et ce à tous les niveaux : à la maison, au travail, sur les marchés, dans les lieux de culte, les écoles, etc.. »

L’attaque au camp de Malkohi n’a pas été revendiquée, mais les insurgés de Boko Haram ont par le passé mené des attaques avec des engins explosifs artisanaux dans des lieux fréquentés par des civils, comme des marchés ou des gares routières.

Parmi les victimes, « il y avait des fonctionnaires de la NEMA, des personnes déplacées et des membres de l’American University of Nigeria (AUN) », a déclaré Suleiman Mohammed, responsable de l’Agence de gestion des urgences de l’État d’Adamawa (ADSEMA).

Lionel Rawlings, chef de la sécurité de l’AUN, basée à Yola, a confirmé que des étudiants bénévoles avaient été blessés : « aucun d’entre eux n’était au contact direct de l’explosion mais il y a eu des éclats d’obus. Nous avons évité le pire. »

L’ancien vice-président nigérian Atiku Abubakar, originaire de Yola et qui a fondé l’AUN, a indiqué dans une série de tweets être « profondément attristé » par l’explosion. « Seules des personnes au cœur mauvais ont pu faire cela », a-t-il ajouté.

Situé près d’une base militaire, au sud de Yola, le site de Malkohi est un des nombreux camps de la capitale de l’Etat d’Adamawa, qui accueillent des hommes, des femmes et des enfants qui ont fui les violences.

Les mesures de sécurité y avaient été renforcées en mai après l’arrivée de centaines de femmes et d’enfants, ex-captifs de Boko Haram libérés par l’armée.

Des soldats gardaient alors l’entrée et passaient au peigne fin les véhicules et leurs passagers, avaient pu constater des journalistes de l’AFP.

« Nos hommes sont là-bas » dans le camp, a assuré le porte-parole de la police de l’État d’Adamawa, Othman Abubakar. « Ils essaient de trouver d’autres éventuels explosifs. »

Yola est considéré comme un refuge relativement sûr pour les déplacés. L’année dernière, sa population a plus que doublé pour atteindre près de 400.000 personnes.

Boko Haram recourt de plus en plus fréquemment à des tactiques de guérilla, telles que le bombardement de cibles civiles ou les attentats-suicides.

En réponse aux critiques déplorant l’absence d’avancées contre les insurgés, le président Buhari a néanmoins assuré lundi que l’armée nigériane « gagn(ait) du terrain ».

Mi-août, il avait donné trois mois aux forces armées pour en finir avec Boko Haram. Selon l’ONU, les violences islamistes et leur répression ont fait au moins 15.000 morts et plus de deux millions de déplacés depuis 2009.


Jeune Afrique

Samedi 12 Septembre 2015 - 09:30



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter