Nigeria : l’émir de Kano, entre islam et finance



Le visage émacié disparaissant sous un long turban blanc de délicate facture, Son Altesse royale Muhammad Sanusi II, cinquante-septième émir de Kano et deuxième dignitaire religieux musulman du Nigeria, reçoit dans les jardins de son palais. Parmi les convives, des aristocrates de la Tidjaniya (confrérie soufie très répandue en Afrique dont l’émir est l’un des illustres adeptes) dansent dans leurs tuniques colorées au rythme des incantations mystiques. Le hululement des flûtes répond aux envolées plus graves des cuivres. Puis le silence. A la nuit tombante, résonne l’appel à la prière, psalmodié du haut d’un frêle minaret adjacent. La scène aurait pu se dérouler il y a bien longtemps, tant elle s’inscrit dans la tradition locale, à l’abri des murs ocre d’un palais à la structure inchangée depuis le XVe siècle.

Ce serait se méprendre sur le souverain. Car, à 54 ans, Sanusi II, dont la presse raconte que, tout jeune écolier déjà, il rêvait d’un auguste destiné, s’est fait connaître sous bien d’autres visages. Au cours de sa longue ­carrière de banquier à New York, Londres et Lagos, il était plutôt du genre costume-nœud papillon, lissant sa fine moustache d’un air détaché. Reconnu pour son expertise en risk management, il s’est ensuite taillé une réputation de réformateur impitoyable à la tête de la Banque centrale du Nigeria, la plus grande institution financière d’Afrique, de 2009 à 2014. Sanusi Lamido Sanusi (son nom de naissance, d’origine algérienne, qu’il conserva jusqu’à son intronisation en 2014) est un brillant économiste, libéral,...

Source:LeMondeafrique
 

Aminata Diouf (Stagiaire)

Vendredi 29 Avril 2016 - 15:00



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