Nigeria: les familles reçoivent une preuve de vie des lycéennes de Chibok

Que sont devenues les 276 lycéennes kidnappées à Chibok dans le nord-est du Nigeria ? Deux ans, jour pour jour, après leur enlèvement par les islamistes de Boko Haram, la question est toujours brûlante, mais une preuve de vie est parvenue aux familles et à la chaîne de télévision CNN. Une vidéo sur laquelle apparaissent 15 jeunes filles voilées qui assurent avoir été enlevées à Chibok. Des parents ont reconnu leur fille.



Nigeria: les familles reçoivent une preuve de vie des lycéennes de Chibok
Yana Galang dit reconnaître cinq jeunes filles. Deux autres mamans sont aussi formelles : leurs filles Saratu et Hauwa sont bien sur les vidéos. Ces femmes de Chibok ont participé à une séance vidéo à Maiduguri, la capitale du Borno, et c’est durant cette rencontre avec les services de sécurité qu’elles ont identifié quinze des lycéennes.

Cette vidéo, datant de décembre, semble être la preuve de vie que le gouvernement nigérian réclame en préalable à toute négociation. Des membres présumés de la branche ouest-africaine de l’Etat islamique auraient pris contact à la mi-janvier avec le gouvernement et réclamé des discussions sur un possible échange de prisonniers. Le gouvernement ayant demandé une preuve de vie, il aurait d’abord reçu cinq photos, une première vidéo en juillet et cette vidéo.
Aucun membre du groupe armé n’est visible sur la vidéo. Les langues utilisées sont le haoussa, parlé dans le nord du Nigeria, et le kibaku, la langue qui est parlée spécifiquement à Chibok. C’est la première vidéo permettant d’établir que certaines des jeunes filles enlevées sont toujours en vie, depuis celle diffusée par Boko Haram en mai 2014.

Prudence des autorités
Une information nuancée par le ministre de l'Information du Nigeria : « Ce qui est en jeu c’est la libération de plus de deux cents jeunes filles. Et l’on vient de nous montrer seize jeunes filles seulement. Nous nous réjouissons bien sûr de savoir ces seize filles en vie. Mais nous voulons éviter de mettre le pied dans un système qui permettrait à Boko Haram de nous exploiter. Ils viendront un jour nous dire : donner nous un million de dollars en échange de la libération de dix filles, puis le lendemain nous demander dix millions pour vingt filles. C’est hors de question. Nous nous souhaitons parler à une organisation qui détient vraiment l’ensemble des otages, qui les contrôle, qui peut nous dire où elles se trouvent, et qui souhaite négocier. N’oubliez pas que nous avons déjà été approchés de la même manière récemment et cela n’a abouti à aucun résultat, donc nous sommes beaucoup plus prudents aujourd’hui. Boko Haram vous savez est en train de perdre la bataille et nous espérons que le groupe n’est pas en train d’essayer de tirer le maximum de gains, précisément parce qu’il se trouve en mauvaise posture. En tous cas le gouvernement a une équipe qui travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre à la libération des filles, nous exprimons aux familles notre compassion, nous mettons tout en œuvre et nous explorons toutes les pistes pour obtenir la libération de ces jeunes filles où qu’elles se trouvent ».

A Chibok, dans quelques heures les parents des 219 lycéennes vont se retrouver pour une prière collective devant les bouts de mur encore debout du lycée, avec peut-être pour la première fois l’espoir de retrouver leurs filles vivantes.
 

 

rfi.fr

Vendredi 15 Avril 2016 - 08:18



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