Nigeria : une des lycéennes enlevées par Boko Haram retrouvée saine et sauve

Amina Ali, 19 ans aujourd'hui, a été secourue par des militaires, mardi, dans une forêt. Elle est la première des 219 lycéennes capturées il y a deux ans par les islamistes à être récupérée en bonne santé.



Plus de deux ans après avoir été enlevée par les islamistes de Boko Haram, une des 219 lycéennes de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, a été retrouvée saine et sauve. C'est la première fois qu'une de ces filles refait surface depuis l'attaque de leur école le 14 avril 2014 par la secte djihadiste, qui a prêté allégeance à l'État islamique. Sans donner plus de détails, l'armée nigériane a confirmé ces informations, ce mercredi, dans un communiqué et affirmé qu'elle a été «secourue par les troupes [de l'armée, NDLR]».

Un peu plus tôt, un des responsables du mouvement #BringBackOurGirls, Tsambido Hosea Abana, avait annoncé que la jeune femme, nommée Amina Ali, avait été découverte, mardi, dans la forêt de Sambisa, dans l'État de Borno, un des derniers fiefs tenus par Boko Haram. Alors qu'elle récoltait du bois, elle aurait croisé la route des militaires nigérians. Une fois en sécurité, la jeune femme a été ramenée dans son village de Mbalala, près de Chibok. «Elle a retrouvé ses parents, qui l'ont identifié, avant d'être amenée dans une base militaire à Damboa», a expliqué Ayuba Alamson Chibok, un des chefs de la communauté de la ville. «Son père s'appelle Ali, et elle Amina. Je les connais bien parce que j'ai travaillé avec eux comme porte-parole des familles des filles de Chibok», a-t-il ajouté.

Le chef de l'association des parents des filles enlevées de Chibok, Yakubu Nkeki, a également confirmé l'identité de la jeune fille et indiqué qu'elle était âgée de 17 ans au moment de son enlèvement. Ce jour-là, elle se rendait à Chibok pour passer des examens scolaires. «C'est la fille de mon voisin, ils l'ont amenée chez moi», a-t-il affirmé. Selon ces premiers témoignages, Amina Ali semble avoir eu un enfant durant sa captivité.

D'autres jeunes filles de Chibok se trouveraient actuellement dans la forêt de Sambisa, qui fait l'objet de multiples opérations de l'armée nigériane depuis plusieurs semaines. La jeune femme a ainsi affirmé que «la plupart des jeunes filles sont encore dans la forêt de Sambisa», a indiqué un membre du mouvement #BringBackOurGirls. Selon elle, les captives seraient «gardées avec force» par les islamistes de Boko Haram. Six d'entre elles seraient mortes.

2.000 personnes enlevées par Boko Haram
 
En avril, une vidéo rendue publique par Boko Haram, avait permis d'établir que certaines des jeunes filles enlevées étaient toujours en vie, depuis les images diffusées en mai 2014. On y voit une quinzaine de jeunes filles recouvertes d'un hijab noir, qui donnent leur nom, assurent avoir été enlevées à Chibok et précisent la date de l'enregistrement, le 25 décembre 2015. Des membres de Boko Haram auraient pris contact mi-janvier avec le gouvernement nigérian, réclamant des discussions sur un possible échange de prisonniers. Le gouvernement ayant demandé une «preuve de vie», il aurait d'abord reçu cinq photos de certaines des otages, puis cette vidéo.

L'enlèvement de ces jeunes filles avait soulevé une vague mondiale d'émotion et d'indignation. Boko Haram utilise régulièrement le kidnapping. Depuis 2009, le groupe islamiste est en effet tenu responsable de l'enlèvement d'au moins 2.000 personnes, dans une insurrection qui a déjà fait quelque 20.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés. Les femmes enlevées par la secte deviennent généralement des esclaves sexuelles ou des bombes humaines, tandis que les garçons sont enrôlés de force par les rebelles qui veulent instaurer un État islamique dans le nord-est du Nigeria.
lefigaro.fr
 

Khadim FALL

Mercredi 18 Mai 2016 - 16:29



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