«Notre engagement citoyen nous coûte cher», (Keur gui)



«Notre engagement citoyen nous coûte cher», (Keur gui)
Le groupe «Keur gui Crew» fête ses 20 ans de carrière mais le paradoxe selon Lamine Mbessane dit Kilifeu et Omar Cyrille Touré alias Thiat, c’est qu’ils «ont frappé à mile et N portes. Ils ont refusé le sponsoring des multinationales internationales installées au Sénégal. Il y en a qui étaient prêtes à nous donner plus de 84 millions de F CFA du budget prévu ». «Mais comme nous sommes des patriotes et prônons le patriotisme, nous ne voulons pas nous affilier à certaines multinationales. On s’est rabattu sur les sociétés et entreprises nationales mais elles sont frileuses et ne veulent pas danser avec nous. C’est dommage».
 
Dans une interview accordée à «Enquête», les rappeurs notent que «leur engagement citoyen leur coûte cher». «Mais on a le respect des autres et c’est cela le plus important. Aujourd’hui, nous préférons rester des types pauvres plutôt que de pauvres types. Et cela est important. Pour ceux qui ne comprennent pas notre engagement, c’est dommage pour eux», minimisent-ils. «Cela fait deux ans qu’on n’est pas actif dans «Y’en a marre », indique Kilifeu. Et d’expliquer : «Depuis la sortie de notre album, on n’est jamais presque là. D’ailleurs, Aliou Sané et les autres nous charrient en nous disant que nous n’habitons plus au Sénégal».
 
«Il faut aussi que les Sénégalais soient cohérents. Si nous sommes absents du pays parce que nous sommes pris par notre métier, ils nous reprochent de ne plus être là pour eux. Et quand aussi, on est là pour eux à travers «Y’en a marre», ils nous critiquent. Il faut aussi que les gens sachent ce qu’ils veulent», poursuit ce dernier. «Ceux qui sont honnêtes savent que si «Y’en a marre» ne nous appauvrie pas, il ne peut pas nous enrichir. Il n’y a pas d’argent dans ce mouvement. On ne bénéficie d’aucune faveur », embraie Kilifeu.

Et «Keur gui crew» de marteler: «Quand Abdoulaye Wade était au pouvoir, tout le monde savait qu’il nous avait proposé de l’argent et même beaucoup d’argent. Nous avons refusé de prendre cet argent-là. Quand Macky Sall a été élu, tout le monde sait qu’il nous a proposé d’intégrer son gouvernement, et d’autres avantages. On n’a pas accepté. Honnêtement, les gens savent cela. Si en disant que «Y’en a marre» a de l’argent, ils font référence aux financements des ONG, ils doivent comprendre que nous ne voyons même pas la couleur de l’argent. Pour être soutenu par une ONG, il faut avoir un projet bien ficelé. Si cela les intéresse, l’ONG te subventionne. Concernant "Y’en a marre", l’argent du financement est géré par «Enda lead». On n’a jamais vu la totalité de cet argent. Il n’y a pas un seul d’entre nous qui fait partie des gestionnaires de cet argent».
 
En raison d’un million, 500.000, 250.000, 100.000, 10.000 ou 5.000 les tickets, le groupe «Keur gui crew » se produit ce 12 mars au Grand théâtre. «On est en train de mener notre carrière depuis 20 ans maintenant, nous pensons que nous sommes des rappeurs et nous ne sommes pas que des rappeurs. Ce que nous faisons comme métier est très noble. Chaque fois que le peuple a besoin de nous, on met de côté notre casquette d’artistes et portons celle de citoyen pour s’investir dans la rue. Ce que nous faisons, nous l’estimons à plus que le coût du billet. Ce qu’il faut savoir et comprendre, c’est que les Sénégalais aiment spéculer sur des bêtises. Les lutteurs pour un combat, on les paie 100 millions de F CFA. Un mbalaxman a vendu ici un Cd à huit (8) millions de F CFA, un tableau d’art peut coûter 100 millions de F CFA. Alors pourquoi n devrait-on pas vendre notre show à un (1) million de F CFA », tance Thiat.

C’est après ce concert que le groupe va s’investir à partir du 13 mars dans la campagne «ñani bañna» pour le Non au référendum du 20 mars prochain. 


Samedi 5 Mars 2016 - 12:25



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