Nous sommes tous des Burkinabè frustrés et mobilisés

« La question qui se pose au Burkina Faso aujourd’hui n’est pas juridique. Elle est morale (...) »



Nous sommes tous des Burkinabè frustrés et mobilisés

« (…) L’instrument du droit tout comme les systèmes et les modèles politiques que les sociétés ont créés et ont constamment modifiés au fil des siècles correspondent à des valeurs auxquelles elles aspirent et à des principes qu’elles estiment nécessaires de s’imposer pour tendre vers leur vision de ce que serait une société idéale. Adopter des règles de limitation des mandats dans des constitutions et mobiliser ensuite toute son énergie, son temps et sa créativité juridique et politique à les contourner traduit une ignorance profonde du fondement éthique de la construction de systèmes politiques démocratiques ».

Voilà ce que nous écrivions dans un blog publié le 29 octobre 2014, à quelques heures du vote prévu à l’Assemblée nationale à Ouagadougou, pour faire passer une révision constitutionnelle qui devait permettre au président Blaise Compaoré de se présenter une énième fois à l’élection présidentielle. La mobilisation de masses urbaines burkinabè et la convergence ponctuelle d’intérêts d’un grand nombre d’acteurs politiques opposés au prolongement ad vitam eternam du pouvoir de Compaoré avaient mis fin à la tentative de coup de force constitutionnel, et provoqué la chute immédiate d’un chef d’État inamovible depuis 27 ans.

Une décision du Conseil constitutionnel

Aujourd’hui, 17 septembre 2015, alors que les dirigeants de la transition au Burkina Faso sont pris en otage par des soldats du régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Compaoré, on entend ici et là des commentaires tendant à expliquer, sinon à justifier ce coup de force par l’exclusion d’un certain nombre de candidats issus de l’ancien pouvoir de l’élection présidentielle prévue le 11 octobre prochain. Cette exclusion a été avalisée par le Conseil constitutionnel burkinabè sur la base d’une législation décidée par les organes de transition eux-mêmes issus de la révolution d’octobre 2014. De nombreux acteurs régionaux et internationaux ont dénoncé la violation du principe de l’inclusion par les institutions de transition.
Source:Jeune Afrique



Jeudi 17 Septembre 2015 - 13:23



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