Nous sommes tous des indignés.



Nous sommes tous des indignés.
Après la crise financière qui a secoué le monde occidental en 2008-2009, la crise de la dette souveraine en Europe et l’instabilité des marchés boursiers ont aggravé la situation économique et sociale des pays industrialisés.

Les « indignés » sont ainsi descendus dans la rue au printemps 2011 en Espagne d’abord puis en Grèce, au Portugal, en Italie, en France et même en Israël. Des étudiants du chili et d’autres pays d’Amérique Latine se sont dressés eux aussi contre les dérives de systèmes
éducatifs évoluant vers la privatisation de l’enseignement au risque d’exclure la majorité d’entre eux.

La volatilité des marchés a fini par provoquer une vague de mécontentement aux Etats Unis aussi et le lancement des manifestations anti wall-street des indignés de New York puis d’autres grandes villes américaines bénéficiant non seulement de la sympathie de l’opinion
publique mais aussi de la compréhension du président Obama confronté, dans sa volonté de réforme, à l’opposition intransigeante d’un congrès ultra conservateur, en cette période pré-électorale.

Après la lutte de classes des marxistes et la montée de l’alter mondialisme, c’est Stephan Hessel qui, involontairement, a lancé le slogan de la nouvelle internationale des laissés pour compte.

Celle-ci a l’avantage de regrouper des jeunes venant d’horizons divers, unis par leur rejet de l’ultralibéralisme et du diktat des marchés qui gouvernent le monde et le conduisent vers une crise majeure.

Les réseaux sociaux, conscients des opportunités qu’offre le mouvement actuel de contestation, travaillent à instaurer une coordination internationale qui pourrait constituer un puissant moyen de pression dans la lutte pour la réforme du système économique et financier
international. Des manifestations ont été organisées le 15/10/2011 dans près de mille villes d’environ cent pays. Une internationale des indignés est en gestation.

Les pays de l’Union Européenne, Allemagne et France en tête, cherchent, désespérément, à s’entendre sur une solution susceptible de sauver l’Euro et d’éviter la mise en faillite de l’Etat Grec dans l’immédiat et d’autres pays en difficulté dans les prochains mois. Mais les populations refusent de faire les frais d’une crise dans laquelle elles n’ont joué aucun rôle. Le slogan : « tous pourris – tous corrompus » retentit partout.

Les grands pays émergents regroupés dans le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) disposent de moyens financiers colossaux leur permettant d’influer sur la solution de la crise actuelle. Ils sont l’objet de l’attention soutenue des grands pays occidentaux.

L’Afrique qui reste à l’écart de ce mouvement de protestation est, pourtant, concernée, au premier chef, car elle ne peut manquer de subir les conséquences de la crise actuelle du fait de son extrême dépendance à l’égard des pays industrialisés qui restent son principal partenaire.

Les gouvernements africains devraient d’ores et déjà se concerter sur la crise qui traverse les pays occidentaux et les moyens d’amortir le choc à venir. Quant à la société civile, aux syndicats et autres réseaux sociaux du continent africain, ils devraient, dès maintenant, se mobiliser car ils ont plus de raisons que tous les autres de protester contre l’austérité et la précarité imposées aux pauvres de la planète au moment où les banques et autres institutions financières, dont la cupidité n’est plus à démontrer, font l’objet de tant de bienveillance de la part des états industrialisés eux-mêmes réticents à accepter une véritable régulation seule capable d’éviter l’aggravation de la crise actuelle et d’éloigner le spectre d’un krach financier aux conséquences imprévisibles.


Landing savane Secrétaire Général AJ/PADS

Mercredi 26 Octobre 2011 - 00:01



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