Nouveau code de la presse : le Synpics réarticule les points faibles du projet, mais pas pour faire plaisir

Le Sénégal cherche à disposer d'un nouveau code de la presse. Mais cela s'est heurté à l'opposition des parlementaires qui refusent de cautionner certaines dispositions de ce texte. Pourtant, pour la première fois un code définit l'accès à la presse, comment l'entreprise de presse doit être configurée, de la presse en ligne, de l'autorégulation ainsi que tant d'autres points.



Le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication au Sénégal (Synpics ) en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES) se penche les 27 et 28 mars 2014 sur une Relecture du Projet du code de la presse au Centre d'Études des Sciences et Techniques de l'Information (CESTI) de l'UCAD.


Le point de blocage pour le vote de ce nouveau projet code de la presse est sans nul doute la dépénalisation. Ce point nodal est en quelque chose une « déprisonalisation » du journaliste dans l'exercice de ses fonctions mais, par contre l'entreprise de presse qui l'emploie encourt de lourdes sanctions pécuniaires. Pour la grande majorité des députés « il est hors de question qu'ils valident une réglementation avec de telles dispositions ».

« Donc nous avons jugé utile, nous autres professionnels de la presse d'en discuter pour faire avancer les choses. Il y a des points d'achoppement, mais, il ne s'agit pas pour autant d'aller dans un sens pour plaire à l'autre. Il s'agit de voir si ce code qui a été élaboré des années auparavant peut faire l'affaire. Il y a d'importantes dispositions qui restent très pertinentes et actuelles. Donc il faut faire un nouveau toilettage de ce code » informe le secrétaire général du Synpics, Ibrahima Khalil Ndiaye.

Pour le Synpics, il n'est pas envisagé d'élaguer tout bonnement les dispositions qui fâchent. « Si nous avons demandé cette dépénalisation, c'est parce qu'il y a en contre partie des sanctions financières très fortes qui peuvent même remettre en cause l'équilibre ou la survie de l'entreprise de presse », rappelle M. Ndiaye qui soutient aussi que le code est un document global et qu'il ne faudrait pas en extirper une partie pour que le tour soit joué.

Directeur de la communication, Alioune Dramé, pense que c'est une très bonne chose de revoir le code de la presse pour que son adoption par le Parlement puisse être effective, car, il a trop duré sur la table du président de l'Assemblée nationale. Pis, il n'est pas lu par tout le monde alors que « c'est un code pour le redressement de la presse et du métier de journaliste », lâche-t-il. 

De l'avis du secrétaire général du Synpics, les gens ont une conception erronée et limitative du projet de code de la presse. Il déplore aussi le fait qu'on leur fait souvent un très mauvais procès en mettant l'accent sur le fait que les journalistes veulent être au-dessus des lois. Il ajoute « nous avons aussi remarqué que les gens parlent du code de la presse sans pour autant l'avoir lu alors que c'est le minimum d'une démarche scientifique ».



Jeudi 27 Mars 2014 - 13:34




1.Posté par Deugg Gui le 27/03/2014 23:51
Dépénalisation des délits de presse, c'est un oxymore qui, comme l'indique sa définition, "exprime l'inconcevable, rend compte de l'absurde" (cf wki). Comment nos journalistes pouvaient-ils espérer faire passer ça?

Cela étant, mettre les turpitudes du journaliste sur le compte de l'organe de presse n'est pas non plus très génial... A l'arrivée, on a beau faire des séminaires, le constat restera toujours le même : le problème c'est le journaliste.

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