Noyade collective du Brésil face aux Allemands

Le Brésil n’a pas fait le poids face à l’Allemagne lors de sa demi-finale. La Seleçao a carrément reçu une correction face au réalisme allemand à Belo Horizonte ce 8 juillet.

Les Auriverde sont rentrés à la maison après avoir encaissé sept buts… Du jamais-vu. Oscar sauvera l’honneur avec un but à la 90e minute.



Humiliée par la Mannschaft, la Seleçao quitte la Coupe du monde la tête basse. REUTERS/Ruben Sprich
Humiliée par la Mannschaft, la Seleçao quitte la Coupe du monde la tête basse. REUTERS/Ruben Sprich

Quel enfer ! Le Brésil n’a jamais vécu une telle humiliation en Coupe du monde. Après trente minutes de jeu, la Mannschaft - quatrième demi-finale d’affilée dans un Mondial - a carrément écrasé son adversaire (5-0 à la pause). Ce mardi 8 juillet restera comme un nouveau jour noir pour le football brésilien, après sa finale perdue au Maracana en 1950 face à l’Uruguay. Mais où est passé le « jogo bonito» ?

200 millions de Brésiliens qui pleurent…

Le pays du « futebol »-roi, avec près de 200 millions de fans vêtus de jaune, attendait un autre spectacle. La nuit n’était pas tout à fait tombée quand les Auriverde ont commencé à prendre l’eau. On jouait à peine la 11e minute, quand sur le premier corner des Allemands, Thomas Müller était laissé libre au deuxième poteau. Un plat du pied à bout portant, et Julio Cesar se fait crucifier.

La suite, c’est quatre autres buts en six minutes sous les pleurs du public. David Luiz, capitaine d’un jour, lève les bras au ciel, il est désespéré. La Seleçao ne verra pas Rio de Janeiro et cette finale tant espérée. La faute à ce but de Klose (son 16e en phases finales), à ce doublé de Kroos (24e et 26e), puis à ce nouveau but de Sami Khedira servi par Mesut Özil (29e). Le Brésil est à terre… Ronaldo, tombeur de l’Allemagne en 2002 et présent dans les tribunes en tant que commentateur, devait être effondré.

Le premier acte se termine sous les sifflets. La Seleçao rentre aux vestiaires et deux cent millions de Brésiliens s’arrachent les cheveux. Tôt dans la matinée, les habitants de Belo Horizonte avait envahi la ville, maillot jaune sur le dos et sourire aux lèvres. La soirée a dû paraître bien longue.

Sans Neymar, c’est différent…

On peut désormais l’affirmer, l’absence de Neymar et de Thiago Silva a largement contribué à cette noyade. Jamais Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur brésilien, n’avait eu à composer son équipe sans Neymar. Tous les joueurs et tout le staff étaient arrivés avec une casquette à son effigie, comme pour conjurer le sort.

La paire David Luiz - Dante, en défense centrale, n’a jamais vraiment fonctionné. Et Fred, comme depuis le premier match, n’a pas pesé en attaque. A l'Estadio Mineirão de Belo Horizonte, le Brésil est aussi tombé sur un grand gardien allemand. En deuxième période, Manuel Neuer a fait face à Oscar et à Marcelo (51e et 52e). La Seleçao a beau tout faire pour au moins marquer un but, rien ne passe. L'arrière-garde allemande plie mais ne rompt pas. Pire, un doublé de Schürrle va définitivement laisser les Brésiliens au fond de la piscine (69e et 79e). Quatre-vingt-dix minutes avant cette cuisante défaite, le public n’imaginait pas vivre un tel enfer en chantant à plein poumon l’hymne national. Visages défaits, souvent en pleurs, les supporters sont longtemps restés sur leur siège, tétanisés par cette soirée cauchemardesque.

Sur le bus des Brésilens, on pouvait lire : « Préparez-vous. La sixième étoile arrive. » Mais ce ne sera pas pour maintenant. Oscar sauvera un peu l’honneur avec un tir croisé en fin de partie (90e). Thiago Silva tentera de le consoler ainsi que David Luiz, en larmes au coup de sifflet final.

Il y a cinq jours, la chute d’un viaduc en travaux, dont la construction n’avait pas été terminée à temps pour la Coupe du monde, avait fait deux morts et 19 blessés, à quelques kilomètres à peine du stade Mineirão. Belo Horizonte restera à jamais comme le point noir de ce Mondial pour tout un peuple.


Dépéche

Mercredi 9 Juillet 2014 - 11:57