Nucléaire iranien: accord historique entre Téhéran et les puissances occidentales

C'est un accord qui met fin à 10 ans de crise entre l'Iran et les grandes puissances. Après jours jours de négociations à Genève, Téhéran et les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que l'Allemagne sont parvenus à un terrain d'entente intérimaire de six mois sur le programme nucléaire iranien controversé. Selon les Américains, il prévoit que l'Iran stoppe l'enrichissement de l'uranium au dessus de 5%, et qu'il n'installe pas de nouvelles centrifugeuses.



Nucléaire iranien: accord historique entre Téhéran et les puissances occidentales

Pour le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif, l’accord est « un résultat important mais c’est seulement un premier pas ». Le président iranien Hassan Rohani déclare, lui, sur son compte twitter, que cet accord va « ouvrir de nouveaux horizons ».


Devant les journalistes, à l'issue de négociations marathon, Mohammed Javad Zarif a ajouté que l'accord contient une « référence claire selon laquelle l'enrichissement va continuer » en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d'achoppement des négociations.

 

« Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable », a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le « combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse » que l'Iran exerce ce droit. « Nous pensons que cet accord et le plan d'action » signifie que « le programme nucléaire iranien va continuer », a-t-il conclu.


Vers la sortie d'une longue impasse diplomatique


L’accord préliminaire sur le nucléaire iranien conclu cette nuit à Genève entre Téhéran et les grandes puissances doit permettre de réduire l'ampleur du programme atomique de la République islamique, en échange d'un allègement des sanctions qui pèsent sur elle.


L'accord a été conclu après plus de quatre jours de négociations et constitue un premier pas vers la sortie d'une impasse diplomatique vieille de plus d'une décennie. Il suspend les volets les plus controversés du programme atomique de l'Iran en lui imposant d'arrêter l'enrichissement d'uranium au-dessus de 5%, de neutraliser ses réserves enrichies à 20% et de stopper le projet de réacteur à eau lourde d'Arak.


En échange, les six grandes puissances s'engagent à ne pas imposer de nouvelles sanctions au cours des six prochains mois, et les Etats-Unis estiment que l'allégement des restrictions existantes va permettre à Téhéran d'accéder à des milliards de dollars de revenus liés au pétrole, aux produits pétrochimiques, à l'or et au secteur automobile.


Les Occidentaux se félicitent mais demeurent prudents


Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, précise de son côté que l'accord ne reconnaît à l'Iran que le droit au nucléaire civil. Le camp français, qui a manifesté son intransigeance lors de la précédente série de négociations au début du mois,  s'est ainsi prudemment contenté de souligner que l'accord « exclut (...) tout accès à l'arme nucléaire » de la part de l'Iran.
 

Le secrétaire d'État américain John Kerry a estimé que l'accord conclu à Genève rendra « le monde plus sûr, Israël et nos partenaires dans la région plus sûrs », alors que le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonçait dans le même temps un « mauvais accord », affirmant que Téhéran avait obtenu « ce qu'il voulait ». Pour sa part, Naftali Bennett, le ministre de l'Economie israélien, a assuré que son pays n'était pas lié par l'accord de Genève : « Israël n'est pas engagé par l'accord de Genève. L'Iran menace Israël et Israël a le droit de se défendre ».


■ ZOOM : Vu de Washington

 

Dans sa déclaration, le président Obama a accueilli avec satisfaction l’accord de Genève, mais tout en restant prudent. Il a parlé d’une première étape importante, mais il a aussi déclaré qu’il y avait encore d’énormes difficultés à surmonter avant de parvenir à un accord final.


Il a noté néanmoins que, grâce à l’accord intérimaire, pour la première fois en près de 10 ans, les progrès du programme nucléaire iranien avaient été arrêtés et qu’il serait possible de vérifier si l’Iran respectait bien ses engagements. Dans le cas contraire, a-t-il prévenu, les sanctions qui vont être levées – et le président a bien insisté sur le fait que c’était les plus modestes – seront non seulement réimposées mais renforcées.


Obama ne veut pas être accusé de naïveté si l’Iran continue de développer en secret son programme nucléaire, mais il veut aussi donner une chance à la diplomatie, ce que souhaitent 65% des Américains. « Seule la diplomatie peut aboutir à une solution durable au défi que représente le programme nucléaire iranien », a-t-il déclaré en s’engageant en tant que président et commandant en chef à faire tout le nécessaire pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.


Un message adressé aussi au Congrès…


Barack Obama a besoin du soutien du Congrès pour pouvoir mener à bien la phase suivante des négociations. Or pas mal d’élus, notamment chez les républicains, doutent de la bonne foi de Téhéran. Obama les a donc exhortés à ne pas imposer de nouvelles sanctions maintenant afin de ne pas mettre en péril le processus en cours.


… et à Israël


Israël et les pays du Golfe « ont de bonnes raisons d’être sceptiques vis-à-vis des intentions de l’Iran » a affirmé le président américain. Il leur a promis que l’engagement des Etats-Unis à leur égard restait fort et que l’accord contribuerait à leur sécurité.


Rfi.fr

Dimanche 24 Novembre 2013 - 09:34



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