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Obamacare : Donald Trump obtient sa revanche, la Chambre approuve l'abrogation

​Cette loi est la concrétisation de la promesse que nous avons faite aux Américains», s'est réjoui jeudi le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan. L'adoption du projet par le Sénat s'annonce toutefois beaucoup plus difficile.



A l'arraché, Donald Trump tient sa revanche. Par 217 voix contre 213, la Chambre des représentants des Etats-Unis, à majorité républicaine, a en effet adopté jeudi un texte d'abrogation et de remplacement de la loi emblématique sur la santé de Barack Obama.
 
Il efface ainsi son échec du 24 mars quand, faute de consensus au sein de la majorité, et malgré un forcing intense, les républicains avaient été forcés de retirer une première version du texte quelques heures seulement avant le vote. Grande promesse de campagne, l'abrogation de l'Obamacare devait être la première grande loi de l'ère Trump, qui compte à ce jour peu de succès.
 
L'Obamacare, «une expérience ratée»
 
 
Les parlementaires ont approuvé le texte dans une atmosphère électrique, la totalité des démocrates et une vingtaine de républicains ayant voté non. Ce jeudi, le président de la Chambre, Paul Ryan, ne veut retenir que le résultat victorieux de ce vote : «Cette loi est la concrétisation de la promesse que nous avons faite aux Américains», a-t-il lancé, en qualifiant L'Obamacare, adoptée en 2010, d'«expérience ratée».
 
 
Donald Trump a par ailleurs annoncé dans la foulée sur Twitter une «grande conférence de presse» à la Maison Blanche en cas de victoire.
 
 
 
Un passage périlleux au Sénat
 
 
Mais l'affaire est encore loin d'être gagnée, car le débat se déplace désormais à la chambre haute du Congrès, le Sénat, où la loi est considérée comme inacceptable en l'état y compris par plusieurs sénateurs républicains. La loi «doit être examinée avec prudence», a souligné le sénateur Lindsey Graham. Son collègue, Bob Corker, a prédit au moins un mois de débat, et une révision complète.
 
En mars, les républicains modérés s'étaient inquiétés de voir des millions d'Américains finir sans assurance à cause de cette réforme, qui réduirait les aides publiques et conduirait à une hausse des tarifs pour de nombreux Américains, surtout ceux proches de la retraite. Mais des changements ultimes ont permis de ramener la plupart dans le camp du «oui».
 
Qualifiant le plan de «Trumpcare», le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, a promis de bloquer un projet selon lui impopulaire, «nous ramenant à l'époque où les compagnies d'assurance pouvaient exclure les gens malades de l'assurance et pousser les Américains âgés à la faillite en leur facturant des prix exorbitants».
 
Le marché «individuel» ciblé
 
 
Sur le fond, la loi reviendrait sur plusieurs acquis d'Obamacare : les Américains ne seraient plus obligés de souscrire une assurance maladie; les financements publics à Medicaid, le programme d'assurance pour les plus modestes, seraient réduits; et la couverture minimum instaurée par Obamacare serait fortement allégée, à la discrétion des gouverneurs des 50 Etats fédérés, au risque de ne plus couvrir les personnes ayant des antécédents médicaux.
 
Aux Etats-Unis environ la moitié des personnes sont assurées par leur employeur, et ne seraient pas directement concernées par la réforme républicaine. La cible est le marché «individuel», des millions de travailleurs ou de salariés de petites entreprises qui doivent acheter une assurance seul, sans appartenir à un groupe, et qui grâce à Obamacare avaient pu obtenir des aides substantielles. Les républicains affirment que le marché individuel créé par Obamacare est dans une spirale infernale.
  Leparisien.fr avec AFP
 

leparisien.fr

Vendredi 5 Mai 2017 - 11:01



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