Opinion - Candidature unique : le civil de consensus existe bel et bien



Opinion - Candidature unique : le civil de consensus existe bel et bien
Un internaute nous qualifie souvent de rêveur à chacune de nos contributions sur le thème de la candidature unique de l’opposition. Sa conviction est que les leaders de l’opposition notamment ceux de Bennoo sont incapables de faire le saut vers cette candidature unique. Les récentes sorties dans la presse de l’ex président de la CENA sur le fichier électoral devraient pourtant convaincre ceux qui sont tentés par un combat solitaire que seul l’union sacrée est mieux à même d’assurer la fin du règne du Sopi. Ces révélations de l’ex président de la CENA n’ont pas fait que jeter simplement l’effroi dans le dos des démocrates sincères du Sénégal. Elles ont, ces sorties, montré le caractère salvateur et révolutionnaire que doit revêtir la prochaine élection présidentielle qui, au-delà des enjeux, doit d’abord être un moment de remise à l’endroit d’une démocratie malmenée au gré des désirs et calculs de ceux-là même dont le parti se dit démocratique.

Il n’est pas besoin de perdre du temps en critique d’un système que l’instinct de conservation pousse à faire usage d’appels et de méthodes clouant au pilori la cohésion nationale. Cela ne surprend guère. La volonté de fermer démocratiquement cette folle parenthèse de l’histoire de notre pays trouvera sur sa route un instinct de conservation d’un pouvoir par ceux là même qui ont fini de faire du Sénégal un complexé quand on évoque les standards démocratiques dans une Afrique en mutation. Nous aurions aimé voir notre pays plus élégant, plus raffiné, plus serein, plus intelligent dans un monde qui n’est plus à la féodalité. Le Sénégal officielle donne l’impression et l’image d’un cheval qui, en plus d’avoir rompu les rennes, marche à reculons derrière la calèche. Plus on s’approchera de la présidentielle, plus le stress poussera à des écarts de langages et des provocations que les sénégalais verront certes avec tristesse mais, heureusement avec toute la maturité qui sied. Aucun calcul électoraliste ne sapera les bases de tolérance et de convivialité d’un peuple pacifique qui a compris notre commun vouloir de vie commune. Les hommes passent, la nation reste.

L’impopularité du régime actuel est un secret de polichinelle au Sénégal. La question de sa chute démocratique est plus que probable, évidente pour le peuple en dépit du cirque servi par Sopi Pour Demain. La seule question à poser est de savoir comment les forces politiques de l’opposition entendent s’organiser pour éviter le hold-up et remettre la démocratie sur les rails ? Comment cette opposition non homogène, plurielle, qui a eu la chance d’avoir arrondi l’essentiel des angles dans la charte de la gouvernance démocratique, fera pour canaliser et sécuriser le vote des masses afin de reconstruire la démocratie sénégalaise ? That is the question. La question du comment gouverner après l’alternance se posera moins pour cette opposition que celle du comment canaliser le vote citoyen vers un seul et même but.

Certains dans l’opposition, dans la perspective de l’après Sopi, pensent qu’il est politiquement plus rentable de se compter au premier tour pour avoir une capacité de négociation par la représentativité. Ils sont entrain de commettre l’erreur monumentale de leur vie politique. Une dispersion des forces de l’opposition sera fratricide et sera une aubaine pour un hold-up électoral en règle. Si les leaders de l’opposition ne veulent pas se lever le lendemain des élections avec la gueule de bois, s’ils veulent épargner au peuple le règne de toute une dynastie, ils doivent taire leurs querelles intestines et mettre le peuple au dessus de la mêlée. Demain un cadre non démocratique après 2012 pourrait être chaotique et rien ne garantit que les générations futures s’accommodent aussi facilement de cette situation.

Certes, difficile sera la négociation pour la candidature unique pour des raisons historiques, stratégiques et de leadership. C’est pourquoi le candidat civil et non politique de consensus est une voie indiquée si les leaders butent sur le choix d’un des leurs. Ce civil au profil rassurant pour tous existe et sera un gage de stabilité pour Bennoo et l’opposition. Il pourra fédérer les uns et les autres si son profil est bien campé. Il pourra faciliter le choix des électeurs qui préfèrent de loin une présidentielle sous forme de referendum pour ou contre le Sopi. La question centrale à laquelle les leaders de Bennoo devraient répondre est la suivante : quel est le candidat non politique qui les rassure le plus ? Le panel pourrait tourner autour d’Amadou Mactar Mbow, Ibrahima Fall ancien ministre des affaires étrangères et vice-président des assises nationales, Lamine Diack, Jacques Diouf et tant d’autres. Le choix d’un des ces leaders sociaux drainera une adhésion nationale au-delà des partis politiques et assurera une victoire éclatante dès le premier tour si une bonne stratégie de lutte contre la fraude est mise en place tout de suite.

Après les assises nationales, l’opposition s’est entendue sur la question de savoir quel Sénégal pour demain ? Il serait illogique qu’elle ne s’entende pas sur quel candidat pour remettre la démocratie à l’endroit afin de mettre sur les rails un nouveau Sénégal dépouillé de tout messianisme.

Les leaders de Bennoo et de toute l’opposition sont plus qu’interpelés. Ils doivent avoir l’intelligence de se mettre au dessus des militants qui, souvent, mettent le patriotisme de parti au dessus de la patrie.

La sortie de l’ex président de la CENA qui était là lors du coup de froid bizarre de 2007 devrait convaincre les «cavaliers seuls » qui doivent savoir que l’heure n’est pas au partage du gâteau mais à la garde de la semence démocratique.

Je sais que l’internaute moqueur me taxera surement à nouveau de rêveur. Mais, le rêve est projet. Le projet est anticipation qui sécurise la réalisation. Nous préférons de loin le rêve à la résignation qui subit.

Et puis, la candidature unique est plus que possible, accessible si et seulement si les leaders de l’opposition ont une lecture d’homme d’Etat et non de politiciens.

2012 n’est pas un combat de parti mais bien un combat pour la patrie.
Le comprennent-ils ?

Mamadou NDIONE
Mandione15@gmail.com


Mamadou NDIONE

Vendredi 18 Décembre 2009 - 16:29



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