Opinion: Le feu appelle le feu



Opinion: Le feu appelle le feu
Le feu appelle le feu. Une façon pour dire que personne n’a le monopole de la bêtise. Cependant, elle n’honore jamais son auteur. Le Sénégal en a assez vu avec ce régime moribond de WADE. Franchement l’Alternance nous pomme l’air. Horrible, inadmissible, ignoble… nous avons du mal à trouver le terme approprié pour qualifier les sorties débiles de tous ces énergumènes qui piaillent dans les médias pour nous arroser les oreilles de propos tristes allant des insultes aux menaces. Dès que quelqu’un s’aventure à dire la vérité au Maître du Palais et du PDS (ou PDSL), ils sortent leurs griffes comme des vampires assoiffés de sang, le regard méchant… l’esprit vidé toute capacité de discernement. Ils agissent comme de véritables robots programmés. Pourtant, ils devaient pourvoir, de temps en temps, s’arrêter pour compter le nombre de «robots programmés» que leur Maître, expérimenté dans la promotion des débiles, a eus à jeter, après usage, à la poubelle de l’oubli.

Triste ! Non, disons plutôt débile… ce scénario d’un homme qui revendique d’être le commanditaire d’un incendie qui aurait pu couter la vie à d’honnêtes citoyens. Mais puisque Farba continue de gagner des galons depuis le saccage de l’As et 24H Chrono… rien ne nous étonne plus venant de ses kamikazes du Parti-Etat ou, pour coller à la réalité, de la Famille-Etat, en l’occurrence celle de Wade. Est-ce qu’un Etat qui se respecte peut accepter en son sein, à des stations élevées, des pyromanes, des mythomanes, des bandits de grand chemin qui réclament sans ambages leur banditisme ? Pourquoi notre justice continue-t-elle de laisser faire de tels brigands ? Pourquoi notre Président ne prend-t-il pas les mesures idoines pour arrêter ce bordel ? Nous ne l’entendons plus que lorsqu’il théorise sur des aberrations comme sa fameuse Statue de la honte.

En février 2000, j’habitais à la cité SOPRIM. Lorsque Maître WADE passait avec sa caravane bleue devant notre habitation, sa grosse sono diffusait, entre autres, une chanson dans laquelle le célèbre chanteur ivoirien Alpha Blondy avertissait : « Le sang appelle le sang ». Face à l’escalade de la violence politique qui s’installe dans notre pays, nous disons qu’à Thiès le feu appelle le feu. Ce n’est pas une solution, pour un quelconque pouvoir, pour sortir un pays de la déche généralisée qu’il vit au quotidien. Et ce n’est pas non plus une solution pour museler les voix du refus citoyen.

La violence politique, selon Nieburg, est l’ensemble des actes de désorganisation, destruction, blessures dont l'objet, le choix des cibles ou des victimes, les circonstances, l'exécution et les effets acquièrent une signification politique, c'est-à-dire tendent à modifier le comportement d'autrui dans une situation de marchandage qui a des conséquences sur le système social.

Le seul problème est que, là où existe une violence d’Etat on y trouve aussi une violence contestataire et parfois une violence inter-sociale. Heureusement, chez nous, cette dernière type de violence n’a pas la chance de prospérer car notre société, grâce à une tradition de fraternité entre les religions, les ethnies, bref, entre ses différentes composantes, a dépassé ce genre de fléau. Par contre, la violence contestataire y a souvent existé. On se rappelle, entre autres, de la révolte des populations de Kédougou sous le régime de Wade… C’est dans la nature humaine que de vouloir se faire justice lorsqu’on a la conviction que la Justice de son pays fait dans le favoritisme, le copinage et la corruption. L’impunité qui entoure beaucoup d’affaires criminelles comme celle de la mort de Balla Gaye, de la Bourse du Travail, de l’agression de Talla SYLLA, du groupe Walfadjri, de l’As et 24H Chrono… révèle les limites de la Justice de notre pays.

A quelques jours de la déclaration de Maître Mame Adama GUEYE, bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal, sur notre Justice qui traîne des casseroles, déclaration qui avait fâché Wade, voilà une occasion en or pour celle-là de redorer son blason. Elle est décriée par la majeure partie des sénégalais à cause des gaffes innombrables impunies commises par des membres de l’appareil d’Etat. L’Etat ne doit pas être un grand bazar. J’implore un sursaut d’orgueil de notre appareil judiciaire afin de freiner cette avalanche de violences de toute sorte. Autrement, ce qui risque de se réaliser c’est du «œil pour œil, dent pour dent». Attention ! Le feu appelle le feu. Encore une fois, personne n’a le monopôle de la bêtise ; faisons gaffe ! Ce feu qui couve à Thiès risque d’embraser le pays si rien n’est fait pour arrêter les fauteurs de troubles.

Nous demandons à Wade d’arrêter ses calculs politiciens aux conséquences graves, périlleuses, … aventureuses pour notre nation ; qu’il arrête de titiller notre cohésion sociale. La priorité n’est pas de décapiter une partie de notre système administratif en éliminant les gouverneurs de région. Qu’ils laissent les conseillers régionaux tranquilles, ils ont été légalement élus par les populations pour une mission bien définie. Le Sénégal n’est pas un royaume. Et nous n’avons pas besoin d’une provincialisation de notre République. Nous n’avons jamais vu un Président comme ça ; il aime créer des sources de polémiques et de contestations partout où il passe. Pourquoi ? Hein ! Pourquoi agit-il ainsi ? S’il croit pouvoir nous imposer son fils ou son parti de larbins, qu’il déchante. Le peuple ne l’acceptera pas. Que Dieu nous débarrasse de ce régime au plus vite ! Nous prions Dieu pour cela et appelons à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation conscientes de la situation dangereuse que nous vivons afin de pousser Wade à partir dans la paix. Le Sénégal ne doit pas être un ring où tous les coups sont permis.

Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar), Silence ! On s’aime (poésie)
Editions Le Manuscrit, paris mars 2008
E-mail :ndickedieye@yahoo.fr





Tafsir Ndické DIEYE

Mardi 19 Janvier 2010 - 14:36



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