Opinion: Une lettre à Moussa Dadis Camara



« Je suis désolé » (…) « L'événement m'a débordé. Cette armée, je ne contrôle pas toutes ses activités [...]. Dire que je contrôle cette armée, ce serait de la démagogie ». « J'ai hérité d'un héritage d'un demi-siècle. » Cela est un florilège de phrases prononcées par l’actuel chef de la junte militaire guinéenne, Moussa Dadis Camara (photo), au lendemain de la désormais tragédie du stade 28-septembre de Conakry. Derrière ces mots, l’Homme en treillis cherche, manifestement, à asseoir sa défense, à se disculper, à clamer son innocence face à une tuerie dont il reste, quoi qu’on en dise, le commanditaire principal. C’est vous, M. Camara, qui êtes à la tête de ce pays agenouillé, appauvri, souillé par tant d’épreuves. Ne fuyez donc pas vos responsabilités. Assumez-les. Vous avez le sang sur vos mains. Assez de votre comédie ! Assez de votre imposture ! Voyez-vous : la Guinée n’est pas une compagnie de théâtre. C’est une terre lumineuse, splendide, habitée par des hommes et femmes qui aspirent à un bien-être salvateur : ils sont l’honneur de cette humanité. Mais cela vous ne le comprenez pas. Vous vous en fichez. Vous adorez plutôt les lumières télévisuelles, votre grammaire française approximative, votre harangue décousue. Vous préférez votre « Dadis show » où l’on vocifère, humilie, écrase l’Autre sottement. Si vous aviez mis vos forces, votre intelligence, votre enthousiasme au service de la démocratie, de la cohésion nationale, des défis immédiats, on aurait pu éviter ce drame, ces viols. Le sang a coulé. Et vous êtes le premier des prévenus.

Guillaume Camara

Vendredi 2 Octobre 2009 - 11:20



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