Opinion: Wade Dafa Doy(1)

Il est une situation au jeu de dames qui souvent trompe le débutant. Il s’agit de ce que les maîtres appellent « le Gouteu ! »(2). C’est une configuration où le joueur se positionne entre deux pions de l’adversaire avec comme possibilité d’en tuer au moins un au coup suivant. Mais « le Gouteu ! » s’avère souvent être un cul de sac pour qui s’y aventure ; parce qu’il impose un jeu au lieu d’ouvrir une alternative. L’adversaire dispose ainsi de ce que les damistes appellent le « temps de repos »
Nous pouvons dire aujourd’hui, sans risque de nous tromper, que « Abdoulaye Wade dafa dougeu cii gouteu gi »(3).



Opinion: Wade Dafa Doy(1)
En d’autres termes, malgré ce qu’il en montre ou ce qu’il veut faire croire, il n’est plus le maître du jeu aujourd’hui. Il n’a plus l’initiative ni le choix puisqu’il s’est volontairement mis dans la situation de devoir accomplir l’ultime coup possible au prochain tour. Ce coup, nous le connaissons d’avance, puisque que nous lisons dans son jeu.

Le 1er avril 2000, quelques jours seulement après son élection démocratique à la tête du Sénégal par des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, politiquement mûrs et remplis d’espoir, Abdoulaye Wade pose le premier acte menant vers la désacralisation et la destruction de nos institutions. Il rompt le protocole qui veut que la prestation de serment du Président de la République ait pour cadre […une salle plus ou moins sévère d’une auguste juridiction]*. C’est lui-même qui le dit dans son discours faisant suite à sa prestation de serment. Et pour justifier le choix du stade Léopold Sédar Senghor, il utilise l’argument intenable « de la participation directe des sénégalaises et des sénégalais au premier acte qui consacre leur choix du Président de notre pays »*.

Le fait d’être allés aux urnes et d’élire librement leur Président ne suffit-il pas à lui seul à prouver à quel point les sénégalaises et les sénégalais participent de façon active à la vie de leur pays ?
Qui voulait-on impressionner par ce populisme indécent ? Les autres présidents invités et accusés d’exercice solitaire du pouvoir ?

Ce jour la, personne ne s’est ému de ce travers, à part quelques puristes qui déjà, voyaient en cet acte, semblable à une messe païenne, le début d’un mode de gouvernement informel, où les choses de l’Etat seraient étalées et discutées au coin de la rue sous les lueurs d’un lampadaire brinquebalant.

Le 07 janvier 2001 Wade invite les sénégalaises et les sénégalais à se rendre aux urnes pour répondre, par oui ou par non, s’ils étaient prêt à renforcer ses pouvoirs et à lui permettre demain, dans un très proche avenir, de devenir le Léviathan qu’il est aujourd’hui.

Très tôt, quelques sénégalais avertis, avaient deviné qu’en fait de constitution il s’agissait là d’un futur instrument de confiscation de la souveraineté du peuple. Honte sur ces soit disant constitutionnalistes qui à l’époque avaient aidé à la rédaction de ce « torchon ».

Il s’en suivra, sans que personne ne puisse l’arrêter, quatorze réformes de la loi dite « fondamentale » en 9 ans ; soit à peu de chose prés une réforme tous les six mois. Il vient tout dernièrement de lancer son ballon sonde pour la quinzième modification ; celle de tous les dangers ; la suppression du deuxième tour de l’élection présidentielle. A mon humble avis il est hors de propos de s’attarder à discuter d’une telle éventualité. La seule position valable c’est de faire opposition de son corps à ce projet démoniaque. Il nous appartient à nous sénégalais qui avons confié le pouvoir à Abdoulaye Wade, à nous sénégalais, peuple souverain, de faire face, par tous les moyens, pour qu’un tel projet ne puisse même être envisagé.

L’accumulation de gaffes, de tromperies, de mensonges d’états, de promesses non tenues, la déstructuration des institutions, le clientélisme, la corruption et j’en passe, ont fini de faire comprendre aux plus petits des enfants de ce pays que rien n’ira de l’avant si Abdoulaye Wade et compagnie continuent de nous diriger.

Lui même en est conscient et donc se sachant débordé de toutes parts, pose les seuls actes qui lui restent. Non pas pour demeurer, comme certains le croient, mais pour pouvoir partir. Car il est clair qu’il n’en peut plus. Mais comment partir ? Voilà la grande question.

Si vous revisitez les dernières déclarations de Wade depuis un peu plus d’un mois, vous comprendrez que l’homme cherche aujourd’hui à saper les fondements de la société sénégalaise afin d’y installer la tension sociale, voire la guerre civile.

Pour preuve, comment comprendre qu’un chef d’état, élu par un peuple souverain (je pèse bien le mot), vienne nous déclarer sans ciller, que pour diriger ce pays il faut avoir la bénédiction de Touba, traiter la communauté catholique sénégalaise d’ingrate et dans la même foulée Proposer à Tivawouane de s’occuper de leur problème juste après « Gouye Mouride » c'est-à-dire dans trois ans. Mais dans trois ans c’est qu’elle année encore ? Ne me dites pas que c’est 2012 ?
Depuis quelque temps chaque acte posé par le « citoyen » Abdoulaye Wade vise un seul et unique objectif : « plonger le pays dans le chaos et le rendre ingouvernable ! ainsi il pourra avec l’aide de la communauté internationale négocier sa sortie ».

Autrement comment comprendre qu’après avoir annoncé avec fracas la baisse de certaines denrées de première nécessité dans la banlieue dakaroise (sic) l’on constate que tout augmente et que certaines denrées deviennent même introuvables ?
Un esprit bien constitué peut-il concevoir que dans la situation où se trouvent les ménages sénégalais l’on puisse subrepticement glisser dans les factures d’électricité des augmentations non annoncées ?

Dans certains pays il y a eu émeute pour moins que ça. Mais s’il pense que les sénégalais vont lui donner le plaisir de s’offrir en pâture sous ses yeux, il se trompe lourdement. C’est politiquement que nous l’avons porté à la tête de ce pays et c’est politiquement que nous allons le combattre jusqu’à ses derniers retranchements. Malgré le clin d’œil de son actuel Ministre de l’Intérieur qui demande aux journalistes de se souvenir de ce qui s’est passé au Ruanda et au Burundi, le peuple ne fera face ni à des policiers, ni à des soldats. C’est à lui Abdoulaye Wade que nous ferons face. Lui et lui seul. Aucun Policier, aucun Soldat n’assumera le bilan de Wade au soir du grand rendez-vous avec le peuple.

Wade veut interdire aux journalistes le droit de dire l’actualité. Mon père me disait souvent : « On peut certainement te retirer tous les droits, jamais celui de dire je ne mange pas ». Dire à un journaliste : tu n’as pas le droit de lire cette affiche là que vient de placarder le président de ce bureau de vote c’est comme me dire que je n’ai pas le droit de dire je ne mange pas.

Wade ne veut pas que les procès verbaux des élections soient accompagnés durant leur court voyage entre le bureau de vote et lieu de recensement.

Enfin pour finir Wade n’a qu’insultes et invectives à la bouche.
Tout ce qui contredit le « Léviathan » est voué aux gémonies.
Un adage bien de chez nous, à ne pas confondre avec les traditions – cadeaux type Abdoulaye Wade, ne dit-il pas que « lou eup tourou »(4).

Aujourd’hui nous pouvons affirmer sans sourciller que la parenthèse Abdoulaye Wade à fini d’empoisonner la bonne marche de ce pays.
C’est pour cela nous disons haut et fort « Wade Dafa Doy ».

Abdoulaye Wade doit savoir qu’avec ou sans campagne électorale aucun sénégalais ne votera pour lui. Et j’ai bien peur qu’au soir des prochaines élections, que ce soit demain, dans un an ou n’importe quand, il ait la terrible surprise de voir que même dans son propre bureau de vote il aura récolté Zéro voix parce que lui-même s’est dit dans le secret de l’isoloir :

« Wade DAFA DOY ».


Notes :
(1) Ca suffit
(2) Lunette en langage technique du jeu de dames
(3) Abdoulaye Wade est entré dans un cul de sac
(4) La goutte qui fait déborder le vase
(*) Extrait du discours de Abdoulaye Wade le jour de sa première prestation de serment


Dakar, le 16 décembre 2009

Théodore Monteil
Directeur National Opérationnel
Union Citoyenne Bunt Bi
Membre de Benno Siggil Senegaal


Mame Coumba Diop

Jeudi 17 Décembre 2009 - 01:01



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