Ouganda: Museveni réélu sans triomphe

En Ouganda, l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, ce samedi, a donné Yoweri Museveni vainqueur. C’est la cinquième fois qu’il est élu à la tête de la présidence de l’Ouganda. Alors que des violences avaient éclaté la veille, beaucoup craignaient une nouvelle poussée de tension. Mais hier, dans la capitale, l’ambiance était calme. Beaucoup de magasins étaient fermés et il n’y a pas eu de grands rassemblements. Seuls quelques supporters de Museveni sont descendus dans la rue. Comme tous les samedis soirs, on retrouve les Ougandais dans les bars.



Il fait nuit et la seule lumière provient de l’intérieur du bar. Coline et une dizaine d’amis se sont réunis autour d’une bière en ce jour spécial : « Ce soir, c’est un jour de fête. Je suis sorti pour célébrer la victoire de notre président Yoweri Kabuta Museveni. Je suis vraiment très heureux et fier du peuple ougandais. Pour la première fois, une population de plus de sept millions de personnes, qui est très jeune, qui est âgée de 18 à 25 ans… ces jeunes ont parlé. Ils croient encore dans le vieil homme. Le vieil homme symbolise la grande paix dont nous profitons dans ce pays. Le vieil homme assure notre cohésion tel un groupe. Il est le seul à avoir réussi à séduire à la fois les jeunes et les vieux. »

 

Crispus fait partie de ce groupe d’amis. Mais lui ne fait pas la fête, il est particulièrement mécontent du résultat des élections : « Les résultats ont été truqués. Ce que je suis en train de dire c’est que ce pourquoi nous avons voté n’est pas ce qu’on a obtenu. Qu’est-ce qu’on peut faire ? Rien ! Nous n’avons qu’à soutenir le nouveau gouvernement parce que si on ne les soutient pas ils vont utiliser la force contre nous. Je suis vraiment mécontent mais je ne peux pas m’exprimer contre le gouvernement. »

Ce samedi soir Kampala était calme. La majorité des mécontents semblent, comme Crispus, résignés.


 ■ Obasanjo critique le déroulé de l'élection

Avant l’annonce des résultats, différents observateurs ont rendu publics leurs rapports sur le déroulé de l’élection. Différents problèmes ont été relevés, notamment l’attente imposée aux électeurs de plusieurs heures jugée « inexcusable » par les observateurs du Commonwealth, mais aussi des incidents pendant la campagne. Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria est le président du groupe d’observateurs du Commonwealth. Et il a été très critique.

Source: Rfi.fr



Dimanche 21 Février 2016 - 09:42



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