Ouganda: Ongwen, ancien chef de la LRA, sera transféré à La Haye

Dominic Ongwen, proche de Joseph Kony et ancien commandant de la LRA, va être remis à la Cour pénale internationale (CPI) pour y être jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Aux mains des forces américaines en Centrafrique - après sa reddition il y a une semaine -, Ongwen a œuvré pendant près de 25 ans au sein de la sanguinaire rébellion ougandaise, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).



Une patrouille l'armée ougandaise dans la jungle sur les traces des rebelles de la LRA, en avril 2012. AFP PHOTO/STRINGER
Une patrouille l'armée ougandaise dans la jungle sur les traces des rebelles de la LRA, en avril 2012. AFP PHOTO/STRINGER

Le 6 janvier dernier, le département d'Etat américain annonce qu'un homme se présentant comme Dominic Ongwen s'est rendu aux forces américaines en Centrafrique. L'Ouganda confirme très vite l'information, puisqu’Ougandais et Américains occupent la même base. Le ministre ougandais de la Défense affirme dans un premier temps que Dominic Ongwen sera remis à Kampala. Or l'Ouganda n'a jamais lancé de mandat d'arrêt contre lui. En revanche, la Cour pénale internationale (CPI) a bel et bien émis un mandat contre le numéro deux de la LRA. Cela fait partie des cinq mandats émis en 2005 émis contre des responsables de la rébellion ougandaise pour des faits commis en 2004 dans le nord de l'Ouganda.

D’après le porte-parole de l’armée ougandaise, ce sont les autorités centrafricaines qui vont remettre directement Dominic Ongwen à la Cour pénale internationale. On ignore encore les détails de ce transfert, mais il serait imminent, selon la même source. L’Ouganda, les Etats-Unis et la CPI sont donc arrivés à un consensus, après plusieurs jours de négociations. Plus tôt dans la semaine, Kampala affirmait pourtant qu’il souhaitait juger l’homme sur son territoire avant de changer visiblement d’avis.

A La Haye, « les victimes auront une chance d’obtenir justice et Ongwen de se défendre », argumente encore le porte-parole de l’armée. Il n’est en tout cas pas question d’une amnistie présidentielle comme le suggérait un enregistrement, attribué aux rebelles, diffusé lundi sur une télévision ougandaise et largement repris sur les médias sociaux. Dans cette interview Dominic Ongwen, l'homme se présentant comme le commandant de la LRA, appelait ses anciens compagnons d'armes à se rendre et évoquait un éventuel pardon du président ougandais Yoweri Museveni. Ce mardi, la présidence assurait en effet que l’amnistie ne s’appliquait pas au cas de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre.

Rappelons que Dominic Ongwen est poursuivi de ces deux chefs d’inculpation depuis 2005, après que la CPI a enquêté en Ouganda – à la demande de Kampala – sur les exactions commises par la LRA dans le nord du pays. La rébellion aurait fait, selon l’ONU, plus de 100 000 morts et kidnappé 60 000 mineurs.


Rfi.fr

Mercredi 14 Janvier 2015 - 11:01



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