Ouganda: l’arrivée des réfugiés sud-soudanais crée une dynamique économique

L’Ouganda fait face à l’arrivée massive de réfugiés, surtout depuis la reprise du conflit au Soudan du Sud. Depuis juillet, plus de 300 000 réfugiés ont traversé la frontière dans le nord du pays. Une vague de migration qui pourrait faire peur d’un point de vue économique dans ce pays où le taux de chômage est déjà très important. Mais loin d’être un handicap, l’arrivée de ces réfugiés semble dynamiser l’économie locale. Reportage dans le nord de l’Ouganda.



A quelques kilomètres de la frontière sud-soudanaise se trouve le centre d’accueil d’urgence de Kuluba. Ici les bus de compagnies locales s’alignent par dizaines. Habituellement, ils transportent des passagers jusqu’à Juba. Aujourd’hui, ils conduisent les réfugiés dans les différents camps de la région. Alan Mutungi est l’un des responsables de la compagnie Baby Coach.
 
« Nous avons un contrat avec le UNHCR. Ici à Kuluba, nous travaillons depuis 4 mois maintenant. C’est un bon commerce. Nous avons plus de 25 bus. Parfois les bus font trois voyages par jour mais le plus souvent c’est deux voyages. Trois voyages c’est quand il y a une situation d’urgence ».
 
 
C’est un bon commerce comparé aux voyages à Juba ? « Oh oui c’est meilleur, beaucoup mieux. »
 
La zone 5 de Bidi Bidi est encore en construction. Des bulldozers poussent la brousse, et de grandes structures sortent de terre. Ici de nombreux Ougandais travaillent. C’est le cas de Chamary qui a quitté sa ferme pour se faire embaucher sur le chantier
« Avant c’était très dur de trouver un emploi dans la région. Avec l’arrivée des réfugiés, c’est bien plus facile de trouver un travail. C’est une très bonne opportunité, nous nous sommes contents de cela mais bien sûr pour les Sud-Soudanais c’est compliqué c’est pourquoi nous essayons de leur construire cet abri pour les aider. »
 
L’arrivée de ces milliers de réfugiés crée des opportunités d’emploi pour les Ougandais et profite à l’économie locale. Une étude récente conjointement menée par l’université de Californie et par le Programme alimentaire mondial montre l’apport positif de ces migrants.
 
Jaakko Valli du PAM : « Quand les réfugiés vont sur les marchés locaux et achètent de la nourriture, des biens et des services, leur monnaie ne reste pas sur place. Cela va directement dans les poches des fournisseurs, des commerçants ou des producteurs. Et eux-mêmes vont dépenser cet argent pour autre chose. Et donc les liquidités commencent à circuler dans l’économie locale en stimulant les marchés et la production ainsi qu’en créant de l’emploi. Les principaux impacts sur l’économie locale profitent directement aux locaux. »
 
Lorsqu’elles reçoivent du gouvernement ougandais des terres pour cultiver et une aide en cash du PAM, les familles de réfugiés génèrent plus de 1000 dollars par an qui profitent directement à l’économie locale.

Rfi.fr

Lundi 28 Novembre 2016 - 10:26



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