Oui il ne faut pas tromper le président, la diaspora n’est pas contente



La victoire du Président Macky Sall en 2012 avait suscité un sentiment d’espoir au sein de tous les sénégalais locaux et vivant à l’étranger. La diaspora quant à elle avait beaucoup espéré du nouveau régime en place et voyait la promesse de faire d’elle la 15ème région se réaliser dès la première année de gouvernance.

 
Pesant environs 690 G$ par an, soit 9.5% du PIB réel par an, rappelons que des propositions concrètes ont été faites à la diaspora en 2012 afin de se démarquer des vieilles habitudes politico-politiciennes. Bien que ces propositions aient été rigoureusement illustrées dans le Yoonu Yokkuté et dans le PSE, la plupart de leurs réalisations tarde à être effective.


En effet, nous pouvons nous convenir que le FAISE a été mis en place avec succès même si certains pays n’ont toujours pas bénéficié de ce dispositif et que les critères de sélection des pays ciblés et des ayant-droits restent à définir de façon plus transparente. Ce fonds a malgré tout permis de financer environs 116 projets porteurs dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, du commerce, etc...


Seules des statistiques diffusées officiellement sur une base régulière (trimestrielle, semestrielle) permettront de s’assurer du bon fonctionnement de ce programme d’appui à la diaspora. Et la communication doit plus se faire sur les obligations de remboursements de ces prêts destinés aux sénégalais de l’extérieur. De ce fait, la diaspora comprendra ainsi l’utilité de cet ambitieux fonds d’appui.


Cependant, les autres projets aussi importants pour la diaspora et non encore mis en place sont : le soutien des sénégalais de l’extérieur à leur projet d’accéder à la propriété, la mise en place des Maisons des Sénégalais de l’Extérieur qui seront des espaces de rencontre et de regroupement de toute la communauté mais aussi des lieux de promotion de la destination Sénégal. Jusqu’ici seule la maison du Sénégal aux États-Unis a été mise en place. A cela s’ajoute le projet de faire de la diaspora la 15ème région du Sénégal qui reste toujours une promesse non tenue.

 
Par ailleurs, sur le plan politique, il y a un vide total au sein du parti dans la diaspora. Seuls quelques militants passionnés réagissent dans les réseaux sociaux pour ragaillardir leur parti. Beaucoup sont convaincus que le parti les a oublié; le manque de considération reste au cœur des discussions entre militants et pour eux la diaspora ne compte que lors des présidentielles. Elle n’est même plus conviée dans les anniversaires du parti, ni dans ses instances décisives. A partir de ce moment, le cordon ombilical qui liait ces instances nationales du parti aux militants de la diaspora a été rompu.


Ceux qui iront donc dire au Président que le parti fonctionne à merveille dans la diaspora le trompent car il n'y a plus d'activités politiques, pas de stratégies de massification en vue et les correspondances avec Dakar restent quasi-inexistantes. On ne sait plus à quel responsable du parti s’adresser. A partir de ce moment, les militants ne font que du "maintien" comme on le fait dans les disciplines sportives pour ne pas être relégués à un niveau inférieur. Ils ne se mobilisent désormais que lorsque pour accueillir le Président. La distance s’accentue entre les responsables de la diaspora rappelés à Dakar et les militants de base que nous sommes. Est-ce un choix délibéré ou est-ce un sentiment d’être isolés qui met ces responsables dans ce mutisme désespérant ? Voilà des questions qui restent pour le moment difficiles à répondre.


Cependant, on ne peut pas citer ces lacunes incontestées et ses raisons sans pour autant souligner la responsabilité engagée du directeur de cabinet politique. En effet,  son incapacité à unir le parti, à créer les bonnes conditions d'existence des activités et de la massification a été un élément déclencheur de cette déstructuration généralisée. Force est de constater que les nominations proposées par Mahmoud Saleh aux affaires étrangères et autres départements ne sont rien d’autre que celles de ses partenaires politiques et stratégiques. Il est évident que si cela se fait sans prise en compte des critères de compétences et de niveaux d'études appropriés, l'impact à la croissance et au bien être social risque d'en être très affecté.


Par ailleurs, les tensions entre responsables régulièrement constatés à la veille des élections locales ont démontré qu’il n’a joué aucun rôle de fédérateur ou de pacificateur et ses stratégies politiques permettent certes de recruter dans l’opposition mais créeront toujours des crises internes profondes si les militants déjà acquis ne sont pas considérés. Et voilà ce qui nous manque dans l’APR: recruter certes, mais fidéliser d’abord.


À Thiès, à Dakar, à Louga, à Nioro et dans d’autres villes du Sénégal pour que l’APR a eu plusieurs listes présentées dans une même localité lors des élections de Juin 2014. Que peut-être le rôle joué par le directeur de cabinet politique pour que de telles situations puissent être évitées? Quel bilan tire-t-il de ses passages dans la diaspora ?


Que compte-t-il faire pour rapprocher le Président de ses ex-compagnons de combat sachant que l’on n’appelle pas à des retrouvailles d’hommes politiques sans avoir assurer celles des responsables de son propre parti ?
Ce sont ces questions auxquelles il devrait répondre en tant que directeur de cabinet politique avant de prétendre entamer 2017.
 

Le Président a bien fait de réconcilier tous les responsables, essayer d’instaurer la paix, la solidarité et l’unité du parti. Nous devons tous le féliciter, l'encourager à retrouver toutes les forces vives de son parti et son exemple est à suivre car nous n'avons qu'un parti qu'est l'APR et qu'un seul et unique leader qu'est le Président Macky Sall.

Mr Ismaïla A. GUISSÉ Montréal (QC) Canada

Lundi 20 Octobre 2014 - 13:08



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